L' "Harmonie" de Blanche de Richemont

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Publié chez Plon, le roman prend des allures de thriller où la quête initiatique se charge d'épreuves et  rebondissements.

Christine Pinchart a rencontré Blanche de Richemont.

Christine Pinchart : Le livre est né d’un voyage en Inde, d’une recherche personnelle ?

Blanche de Richemont : Je suis partie en Inde  pour rencontrer un sage,  et j’ai été subjuguée par la puissance et la magie omniprésente. C’est ce qui m’a donné envie d’écrire un roman, qui évoque ce voyage, cette quête, et ce chemin initiatique que j’ai fait moi-même,  auprès de ce sage dans les petits villages et dans la grande ville sainte de Bénarès.

De l’Inde, vous nous emmenez en Israël, que vous décrivez avec les mêmes sentiments ?

Blanche de Richemont : Si mon personnage part en Israël, c’est parce qu’elle est en quête d’un homme qui lui murmure à l’oreille, le mot « Harmonie » chaque nuit dans ses rêves. J’ai mis face à face deux villes saintes, parce que se sont deux villes très puissantes, et j’ai voulu montrer à quel point les grandes puissances mystiques se rejoignent et sont au-delà du dogme et de la religion.

Vous êtes pratiquante vous-même ?

Blanche de Richemont : Je suis catholique parce que j’ai été baptisée, mais depuis que je vais en Inde, je me suis tournée vers la métaphysique de la connaissance et de la conscience pure, qui est au-delà d’une identité religieuse. Mais je pense qu’on ne peut jamais grandir dans sa vie, si on coupe ses racines.

A vous lire on pourrait croire qu’il y a en Inde, un temple avec un gourou et sa propre politique à chaque coin de rue ?

Blanche de Richemont : C’est un peu vrai. Il est très facile pour un occidental en quête de sens, avec une foi naïve, de tomber entre les mains de faux gourous. Ce sont des gens qui vous manipulent pour avoir de l’emprise sur vous, et j’en ai vu beaucoup des occidentaux qui étaient complètement babas aux pieds de gourous qui se prenaient pour des dieux. Comme dans toute terre puissante, l’ombre et la lumière se côtoient avec la même puissance.

Cela dit certaines personnes ont le don de l’invisible, et  cherchent à développer ce don et à le faire grandir. Comme ce sage que j’ai rencontré au pied de l’Himalaya dans un petit village et qui est un être à la base, hors normes. Mais la majorité des personnes ont une immense puissance en elle et le chemin initiatique que j’évoque, est destiné à réveiller cette puissance, et à surmonter les obstacles .

C’est le père de Lylia, votre personnage principal, qui la pousse à aller en Inde, pour retrouver la petite voix qui murmure dans ses rêves. Dans votre histoire, il envoie volontairement sa fille, se mettre en danger ?

Blanche de Richemont : Pas vraiment, il lui conseille juste de trouver son propre chemin. C’est la transmission libre des grands sages. Lui est parti mourir là-bas, mais après il la laisse libre de vivre l’enseignement de l’expérience et du terrain.



Paola est un autre personnage féminin du livre qui a une relation à la fois amoureuse et mystique ?

Blanche de Richemont : C’est très difficile quand vous avez un gourou qui utilise son pouvoir pour manipuler les gens, comme le fait Attal, d’échapper à la séduction. Mais Attal n’est pas un vrai sage, c’est un faux gourou qui cherche à avoir de l’emprise. Un vrai sage se contente d’être et n’a pas besoin de dominer. Attal est très beau et très charismatique, et pour une jeune fille sur les routes, c’est un piège, elle tombe inévitablement amoureuse.  Cela dit il n’est pas insensible à son charme et cela prouve que quelle que soit la quête et le désir, les sentiments peuvent s’imposer malgré soi et malgré la raison.

La magie de l’Inde et la puissance des grands sages ne m’ont pas convaincue. A vous de voir !

Christine Pinchart<