L’art du Tsundoku, un syndrome du Covid ?

Ce terme ne vous dit sans doute rien, mais cette pratique japonaise ne vous est certainement pas étrangère. Pensez à tous ses livres offert ou acheté qui s’empilent patiemment sur une étagère sans jamais être ouvert. C’est ce qu’on appelle le Tsundoku. Certains chercheurs avancent que cette procrastination serait liée à un stress provoqué par cette période incertaine.

Une origine Nippone

Son étymologie date de l’ère moderne du Japon (1868-1912). Il s’agit d’une contraction de tsunde-oku (empilement de choses mises de côté pour une utilisation ultérieure) et de dokusho (lecture). Plus généralement le mot Tsundoku correspond à des définitions telles que "empilement", "accumulation" ou encore "lecture".

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Cette procrastination serait liée à un stress provoqué par cette période incertaine. ©  Elizabeth Given / Getty Images

Mais la pandémie impacte-t-elle vraiment nos habitudes de lecture ?

Bien que l’industrie de l’édition tirait la sonnette d’alarme en avril passé en annonçant une perte cumulée de près de 25% , le confinement à travers le monde nous a permis de retrouver du temps libre. D’après un sondage réalisé par l’Université d’Aston, la raison principale se trouve dans l’annulation des loisirs extérieurs ou des obligations professionnelles liés à la covid 19. Ce temps dégagé aurait favorisé l’augmentation de consommation d’autres divertissements, comme les plateformes de streaming ou la lecture.

Ainsi en Corée du Sud, la plus grande chaîne de librairie Kyobo Book Center affiche une augmentation des ventes de 7,3% sur l’année 2020. Du côté de la vente en ligne de livres, la librairie YES24 déclare une croissance de vente de 23%.

Même bilan au Royaume-Uni avec l’entreprise Nielsen BookScan, plus de 5,2% d’augmentation dans les ventes de livres dans le pays.

Enfin en France, le site Actualité annonce une hausse de la vente dans les domaines du bien-être, du féminisme, de la jeunesse et de la fiction.

Malgré ces ventes encourageantes dans le domaine de l’édition, rien ne peut nous assurer que ces livres ont bien été lus. Bien que les activités soient plus rares aujourd’hui, de grands acteurs comme les jeux vidéo et le streaming reste encore à la page.

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Les conséquences ?

L’effet anxiogène de la période aurait, d’après certains psychologues, des conséquences sur la concentration et empêcherait les personnes n’ayant pas une habitude de lecture bien ancrée. Le docteur Bhat explique ainsi l’une des raisons pour lesquelles les plateformes de streaming ont affiché des chiffres à la hausse : "Il y a une tendance à consommer des médias tels que les émissions sur les plateformes numériques parce qu’ils sont plus passifs et que vous n’avez pas besoin d’engager votre cerveau de la même manière que lorsque vous lisez".

Espérons que cet été pluvieux nous poussera à abandonner nos écrans et cette habitude d’accumuler des livres non lus.