" L'argent du bon Dieu " de Jean-Louis Du Roy

« L’argent du bon Dieu » de Jean-Louis Du Roy
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« L’argent du bon Dieu » de Jean-Louis Du Roy - © rtbf

« Le thriller ça se revendique, c’est un genre qui tient le lecteur en haleine et je ne le trouve pas réducteur ».

Christine Pinchart a rencontré Jean-Louis Du Roy.


 





Il s’agit d’un thriller, mais en sus nous sommes dans le roman historique ?

Jean-Louis Du Roy : Et il y a deux cadres bien distincts. Nous sommes d’une part dans les couloirs du Vatican, avec un décor chatoyant, des frôlements de soutanes et des bruits de succion des semelles sur les beaux marbres gravés. La manigance avec de vilains Monseigneurs, de jeunes évêques et de jeunes secrétaires qui pensent bien faire, mais qui mettent le doigt dans des choses qu’elles ne soupçonnent pas ; ça c’est un des versants. L’autre versant c’est le domaine de la banque privée, avec ces bureaux où les sons sont ouatés par des doubles portes.

L’histoire commence dans les années 70 et se termine en 2010 ?

Jean-Louis Du Roy : Oui absolument, l’histoire commence dans les années 70, sur une série de choses pour lesquelles je me suis documenté. Notamment, la période très troublée des affaires du Vatican, du temps du Cardinal Marcinkus, soupçonné d’avoir joué un  rôle dans la mort du pape Jean-Paul Ier. Il y avait vraiment matière à intrigue, et mon livre sans être un document, mais un roman,  évoque cette courte période pendant laquelle Jean-Paul Ier aurait voulu remettre de l’ordre dans les affaires du Vatican. Et la genèse de mon histoire se trouve à la fin du fameux livre de Yallop, « Au nom de Dieu ».

On a eu des soupçons mais on ne s’y est jamais arrêté ?

Jean-Louis Du Roy : Non jamais et c’est curieux, le livre a eu beaucoup de succès, mais il doit être épuisé. Beaucoup de gens le connaissent. Parmi les contacts que j’ai eu notamment avec des libraires, tous me disent ça rappelle le livre de David Yallop,  mais je ne suis pas sûr qu’il ait été réédité. Et ça donnait une très bonne base historique au livre. Aujourd’hui le Vatican est peut-être un peu plus vertueux qu’hier, encore que ! On ne le sait pas. Il faut dire qu’il a toujours considéré que ce qui s’imposait chez eux et dans leurs propres affaires, que ce soit en matière de mœurs ou de finances, c’était le droit canon, et que les lois extérieures ne s’imposaient pas à l’église. Ça raconte un peu cela aussi.

Vous avez imaginé un personnage incroyable, avec un aplomb hors normes. C’est ce cardinal Longhi ?

Jean-Louis Du Roy : Il déclenche des catastrophes en série, résiste au chantage qui pourrait sauver des vies, et n’a peur de rien et surtout pas de ce chantage. Alors pourquoi ? Peut-être parce qu’il a une vie lui-même très douteuse du point de vue de ses mœurs et que cette affaire financière finalement est moins grave que ce qu’il commet par ailleurs comme très vilains péchés. Il est en tout cas un très vilain personnage. Beaucoup plus que le banquier qui va finir de façon tragique. Un pauvre gars qui a fait confiance à un associé qui lui faisait gagner beaucoup d’argent et qui ne s’est pas rendu compte qu’on l’emmenait sur la pente savonneuse. Ce banquier a pris la relève de son père,  mais il n’avait rien demandé. Enfin, n’en disons pas plus. Sauf qu’il s’amuse plus avec sa collection d’automates, qui va d’ailleurs jouer un rôle important dans cette affaire.

C’est un personnage assez naïf ce banquier ?

Jean-Louis Du Roy : C’est un gros bêta, qui se trouve là héréditairement. Il n’y a jamais vraiment cru, il fait ses bêtises pensant que les choses finiront par s’arranger mais hélas ! Ensuite il se résigne, et pense à laisser quelque chose à sa descendance. Finalement comme son père, il laisse quelque chose mais de manière beaucoup plus romanesque.




Un bon divertissement qui ravira les plus mécréants et permettra aux autres de s’interroger sur les agissements dans l’antichambre du pouvoir du Vatican.

Christine Pinchart

Plus d'infos sur le site de Jean-Louis Du Roy