L'année du rat, de Régis Descott

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Le nouveau roman de Régis Descott sort chez Jean-Claude Lattès.

 Ce roman est né d’un rêve, il y a quatre ans. « J’ai rêvé d’un homme avec un corps d’homme surmonté d’une tête de rat ». Un thriller qui emmène Chim, le héros, au cœur de la génétique et de la jeunesse éternelle. 

Rencontre avec Régis Descott :

Christine Pinchart : Ces gènes du rat  confèrent à vos personnages, des caractéristiques très particulières ?

Régis Descott : Oui, s’ajoutent aux caractéristiques humaines, les caractéristiques du rat. Cela en fait des êtres intéressants, notamment pour certaines tâches dangereuses. Ça fait partie des raisons qui ont présidé à leur création.  Il y a des généticiens derrière ces créations et c’est justement ce qui m’a amusé. Chim est envoyé sur une scène de crime terrible, mais finalement assez classique, jusqu’aux conclusions du labo. Le légiste lui signale que l’ADN des tueurs est un ADN génétiquement modifié, et qu’il pourrait s’agir de celui d’un animal en partie.  C’est un roman qui se déroule dans un futur plus ou moins proche, et qui pose des questions.

Une observation de notre mode de fonctionnement actuel ?

Régis Descott : En imaginant quelles pourront être certaines de ses évolutions.  Alors, je ne suis pas devin, je ne prétends pas apporter des réponses, mais j’essaie de répondre à une certaine logique et c’est très amusant.  C’est un très bel espace de liberté pour un romancier.

Vous observez autour de vous, des gens consentants qui se dévoilent  de leur plein gré ?

Régis Descott : Oui, c’est exactement ça, et c’est facile d’imaginer un prolongement logique.  Cela dit, je ne suis pas trop pessimiste, et je pense que l’univers que je décris, qui est un peu sombre en effet,  peut ne représenter qu’une mauvaise passe. Un mauvais moment à passer d’humanité, pour aller ensuite vers quelque chose de mieux.

On ne prend pas un bain d’optimisme, vous en êtes conscient ?

Régis Descott : Je ne suis pas d’accord, il y a une fin heureuse. Et puis, je parle de l’allongement de la durée de la vie,  de l’amélioration de la santé, de la jeunesse éternelle. Alors, ça peut faire peur avec notre regard actuel,  mais remis dans le contexte, c’est peut-être très bien. Aujourd’hui nous vivons beaucoup plus vieux que nos ancêtres et en meilleure santé,  et la plupart des gens considèrent ça comme un progrès.

Des gens privilégiés ?

Régis Descott : C’est vrai dans un premier temps, ce sera pour des gens privilégiés, et il faudra attendre un peu que cela se démocratise.



On évoquait cette fin plus optimiste, cela implique une suite ?

Régis Descott : Je suis parti deux mois en Inde, à l’automne dernier, pour préparer la suite.  Pendant mes travaux de documentation sur le rat, j’ai été frappé par la différence de perception qu’on en a en Occident et en Orient.  Ici, on le considère facilement comme un nuisible,  alors qu’en Orient, on en a une image plus positive.  Du coup, j’ai trouvé intéressant d’imaginer un diptyque, le premier se passant en Occident et le second en Asie.  Il y a notamment au Radjasthan, le temple des rats sacré, qui sont chargés d’accueillir les âmes des défunts, en quête de réincarnation.  Donc, un rôle très positif.

On ne peut que penser à « La Peste » de Camus en vous lisant ; au rat et à son intelligence d’organisation?

Régis Descott : C’est le cas, et quand on se penche sur cet animal, on est assez vite fasciné par son intelligence, par son organisation sociale,  et c’est un vrai survivant, ça c’est intéressant. Le reste, je vous laisse le découvrir.

Dans l’exercice du thriller, les auteurs n’ont de cesse d’innover et de révolutionner la forme. Mission accomplie pour Régis Descott.

« L’année du rat » est paru chez J-C Lattès.

Christine Pinchart