L'affaire Ruffini : un scandale retentissant de faux tableaux anciens

Vincent Noce a mené l'enquête sur Giuliano Ruffini pendant cinq ans, qu'il retrace dans "L'affaire Ruffini" (éd. Buchet-Chastel).
Vincent Noce a mené l'enquête sur Giuliano Ruffini pendant cinq ans, qu'il retrace dans "L'affaire Ruffini" (éd. Buchet-Chastel). - © Image Courtesy of Buchet-Chastel

Comment un marchand d’art, Giuliano Ruffini, aurait trompé pendant des décennies musées et maisons de ventes avec des dizaines de faux de maîtres anciens : une des plus passionnantes énigmes du monde de l’art sort au grand jour.

Ancien journaliste au journal Libération, Vincent Noce a mené l’enquête pendant cinq ans, qu’il retrace dans son livre L’affaire Ruffini (éd. Buchet-Chastel).

A la suite d’une enquête ouverte en mai 2014 et confiée à des juges d’instruction du pôle financier pour escroquerie artistique et contrefaçon, un mandat d’arrêt européen a été lancé à l’encontre du Franco-Italien, Giuliano Ruffini.

Un peintre italien, Lino Frongia, soupçonné d’avoir exécuté des faux, est aussi réclamé par la justice française.

Tout en rappelant que les suspects sont présumés innocents, Vincent Noce base son enquête fouillée sur ses contacts avec de très nombreux protagonistes, aux avis parfois divergents.

Au moins sept œuvres, faussement attribuées notamment au Parmigianino, au Greco, à Cranach, sont dans le viseur de la justice française. Dont certaines ont atteint des sommets aux enchères, comme le faux Cranach vendu 7 millions d’euros au prince du Liechtenstein.

La présence de liants ou de pigments du XXe siècle, détectés tardivement sur plusieurs tableaux, prouve qu’ils n’étaient pas d’époque.

Giuliano Ruffini, 75 ans, vit entre Parme et Reggio-Emilia, tout comme Lino Frongia.

Depuis les années 1990, il aura vendu, la plupart du temps par des intermédiaires, des dizaines, voire des centaines de tableaux. Certains ont été exposés par de grands musées.

Ruffini a assuré avoir principalement revendu les tableaux de la collection du père de son ancienne compagne Andrée Borie. Une collection jamais signalée par personne, remarque Vincent Noce.

Ruffini lui a expliqué qu’il ne les vendait pas comme des œuvres de tel ou tel maître, la mention "attribué à" étant parfois ajoutée, et que ce sont les experts qui ont parfois validé l’hypothèse d’une œuvre authentique.

Quant à Lino Frangia, excellent copiste de maîtres anciens, il se défend d’être un faussaire.