Jean-Christophe Rufin dénonce l'animalité de la Guerre 14-18

Jean-Christophe Rufin
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Jean-Christophe Rufin - © AFP PHOTO / PATRICK KOVARIK

Un roman coup de cœur, dont on parle beaucoup depuis sa sortie,c’ est le dernier roman de Jean-Christophe Rufin, "Le Collier Rouge" paru aux éditions Gallimard. L'interview de Nicole Debarre.

Basé sur une histoire réelle, ce roman raconte la fidélité absolue d’un chien à son maître, le suivant partout pendant la guerre 14-18, jusqu’au front de Salonique, en Grèce. En suivant le parcours d’un soldat français du Berry enrôlé dans cette guerre, et la fidélité de son chien qui le rattrape à chaque étape, l’occasion est donnée à l’auteur, Jean-Christophe Rufin, de dénoncer l’animalité de cette guerre.

Morlac va participer à plusieurs batailles, son chien le retrouvera à chacune des étapes, adopté finalement par les soldats. C’est une réalité de cette guerre: beaucoup de chiens dans les tranchées, pendant la guerre 14-18 : ils servaient à éliminer les rats, à donner l’alerte, et pourquoi pas, à servir de messagers.

Le roman commence en 1919. La guerre est finie, dans une prison du Berry, Morlac est emprisonné pour faute grave. Le lecteur n’apprendra qu’à la fin du roman la teneur de sa faute. La chaleur est écrasante .Morlac est dans sa cellule. Dehors, un chien aboie sans arrêt. C’est son chien. Le gardien de la prison n’en peut plus. Deux jours sans dormir, il attend l’officier Lantec, le juge militaire qui va interroger Morlac.

 

Le roman commence comme un huis clos. Lantec interroge Morlac. Le chien s’est tu. L’interrogatoire nous fait revivre ces années passées par le soldat sur plusieurs fronts : en Champagne d’abord, vers les Balkans ensuite, à Salonique enfin sur le Front d’Orient . C’est là que se nouent des contacts et que filtrent les informations quant à ce qui se passe en Russie, en pleine préparation de la révolution bolchévique.

Comme dans le roman de Pierre Lemaître, "Au revoir là-haut", Jean-Christophe Rufin propose un huis clos entre deux personnes qui n’auraient jamais dû se rencontrer : Morlac, paysan du Berry, et Lantier, issu d’une très grande famille.

"Le collier rouge" de Jean-Christophe Rufin aux éditions Gallimard.

 

 

Nicole Debarre