Jayne Mansfield 1967, le nouveau roman de Simon Liberati

2 images
- © rtbf

1967, l’année où Jayne Mansfield, Hollywood movie star, se perd dans une collision mortelle, sur la route US 90, qui relie Biloxi à La Nouvelle Orléans. Sorti chez Grasset.

Christine Pinchart a rencontré Simon Liberati.

C’est le livre d’un passionné, Simon Liberati, mais on sort d’une forme romanesque classique ?

Simon Liberati : La première partie est une description de la scène de l’accident, avec le témoignage du chauffeur de camion. On part de cette description, parce que j’ai beaucoup été influencé par le nouveau roman des années 50. Mais c’est un livre littéraire, avec le romanesque qui a fait la vie de l’artiste. Et c’est aussi un travail d’archéologue ; j’ai fait les poubelles de l’histoire, en partant des photos qu’on a vues dans « Hollywood Babylon ».

Une icône disparue à l’âge de 34 ans, à laquelle on s’est peu intéressée ?

Simon Liberati : Oui, elle n’a pas suscité le même enthousiasme que Marilyn. C’était réellement une femme objet, broyée par le système des années 60. Mais quelque chose me plaît chez elle. Elle a une volonté de puissance extrême, elle est intelligente, a 17 ans elle est enceinte, elle se marie, et elle devient en peu de temps ce qu’elle a voulu être. Une star de cinéma.




Elle crée le personnage de Jayne Mansfield ?

Simon Liberati : La petite fille devient ouvreuse, elle appelle les studios et elle devient Jayne Mansfield. Elle fait la couverture de Life Magazine, elle impose son personnage au monde, et elle se met en scène.

Elle est plus créative dans sa vie privée que pour sa carrière ?

Simon Liberati : Elle n’a pas de plan de carrière, en revanche elle orchestre sa vie privée, et provoque des scandales comme elle l’entend. Et au fil du temps, elle utilise les aléas de sa vie, pour faire la une de la presse. C’est la femme la plus photographiée au monde à l’époque. C’est aussi un personnage touchant, elle est maniaco-dépressive, bipolaire, alcoolique. Elle est accro au LSD et fini par devenir un monstre de foire. Mais elle a créé un objet de marketing et plus sa réputation est sulfureuse, plus son indice de notoriété augmente.

Elle fait quelques films, et plusieurs navets, mais tourne beaucoup, en peu de temps. Une trentaine de films en 14 ans je pense, mais sans rien intellectualiser. Elle peut se trouver devant un poids lourd du cinéma, sans y penser.

D’une écriture sublime, Simon Liberati dresse le portrait original et touchant d’une vie et d’une œuvre.

Christine Pinchart