" Intrigue à Venise ", le nouveau roman d'Adrien Goetz

« Intrigue à Venise », le nouveau roman d’Adrien Goetz
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« Intrigue à Venise », le nouveau roman d’Adrien Goetz - © rtbf

Troisième tome d’une série qui met en scène Pénélope, conservatrice à Versailles, et sorte de Sherlock Holmes au féminin. Vient de sortir chez Grasset.

Christine Pinchart a rencontré Adrien Goetz

Christine Pinchart : Incarnation de Sherlock Holmes au féminin, c’est une appellation qui vous convient ?

Adrien Goetz : Oui Pénélope est pétillante, assez corrosive, parfois redoutable dans ses formules et elle est historienne de l’art. Ayant appris les techniques de l’histoire de l’art, elle sait retrouver des indices, repérer des détails qui clochent, faire des recoupements, émettre des hypothèses ; elle est au fait de toutes les méthodes d’investigation policières parce qu’elle est conservatrice de musée.

Elle se retrouve à Venise pour une semaine de colloque, mais elle n’y avait jamais mis les pieds ?

Adrien Goetz : Voilà, c’est une ville qu’elle connaît très bien, parce qu’elle a fait des fiches sur les musées, les églises et les monuments, mais elle n’y est jamais allée. Alors, au début du roman, elle fait tout pour dissimuler le fait qu’elle connaît Venise par cœur mais que c’est la première fois qu’elle visite véritablement la ville.

C’est toujours difficile de ne pas trop en dire ; juste un mot de ces têtes de chats coupées qui créent l’émoi ?


Adrien Goetz : Oui ,c’est une menace, et une menace qui pèse sur un cercle plutôt paisible d’habitude, qui sont les écrivains qui se passionnent pour Venise. Il y en a un certain nombre depuis toujours, depuis Chateaubriand, depuis Théophile Gauthier, depuis Proust. Et il y en a aujourd’hui bien sûr, beaucoup, comme Jean d’Ormesson, Philippe Sollers, et puis des écrivains que j’ai imaginé aussi, en prenant des détails vrais chez les uns et chez les autres. Et on comprend que quelqu’un s’intéresse à eux, et veut leur jeter un mauvais sort pour leur voler un secret qu’ils se transmettent. Pénélope va se retrouver au cœur de cette intrigue un peu par hasard et c’est elle qui va dénouer ce mystère, et se mettre sur la piste d’un tableau. Un chef d’œuvre de Rembrandt. Il n’y a pas de Rembrandt à Venise, mais là il y en a un, et elle va le retrouver. Et j’espère avec cette épopée, entraîner le lecteur hors des sentiers battus de Venise, pour découvrir une ville sous ses aspects les plus secrets.



La vérité côtoie la fiction, comme par magie dans cette ville intrigante ?

Adrien Goetz : Comme Versailles qui était au centre de ma précédente enquête. Dans cette intrigue à Venise, on découvre aussi l’envers du décor; ce qu’on cache aux touristes. Et puis l’envers du métier de ces professionnels des musées, qui travaillent dans l’ombre. Nous, on en voit le résultat, grâce à toutes les grandes expositions, mais je voulais que le lecteur puisse comprendre comment tout cela est fabriqué. Comment travaillent ces experts de l’art que sont les conservateurs.

Le suspense se marie bien à l’art ?

Adrien Goetz : Absolument, ce sont les mêmes méthodes de recherche, les mêmes méthodes d’investigation. D’ailleurs quand on visite un musée, on a toujours le sentiment qu’il s’y passe des choses très mystérieuses et que les œuvres qu’on voit sont arrivées sous nos yeux parce qu’elles ont été collectionnées avec passion, ou volées. Dans le roman, on voit des chefs-d’œuvre qui ont été spoliés pendant la seconde guerre mondiale par les nazis, à des familles qui étaient envoyées dans les camps. Il y a toujours une série d’histoires qui se rattachent aux œuvres d’art et c’est cela que je veux faire comprendre au lecteur. Les œuvres ne sont pas immuables dans leurs musées, elles possèdent un nœud d’intrigues qui ne demande qu’à être dénoué. Et ces intrigues ont parfois des conséquences jusqu’à aujourd’hui, au point qu’on puisse avoir envie d’assassiner.

Vous êtes historien, j’imagine qu’il y a le plaisir de faire le voyage pour construire un livre ?

Adrien Goe