"Feel Good", le nouveau roman de Thomas Gunzig : que devient la morale quand on n'a pas d'argent ?

Thomas Gunzig
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Thomas Gunzig - © RTBF 2017/JEAN-MICHEL BYL

C’est un des romans très attendus de cette rentrée littéraire : "Feel Good" de Thomas Gunzig publié Au Diable Vauvert paraît ce jeudi. Thomas Gunzig, nous le connaissons comme chroniqueur dans Matin première. Mais il est aussi romancier (Prix Rossel en 2001 pour "Mort d’un parfait bilingue"), dramaturge, (rappelons-nous des magnifiques spectacles "Kiss & Cry" et "Cold Blood" auxquels il avait participé), scénariste de bande dessinée et de cinéma-  il a cosigné le scénario du film "Le Tout Nouveau Testament" de Jaco Van Dormael… Thomas Gunzig, s’intéresse dans chacun de ses textes à un phénomène social. " Feel Good " nous plonge dans le quotidien difficile d’une mère célibataire, et d’un auteur sans succès.

Dans "Feel Good", nous allons suivre deux personnages : celui d’Alice, 48 ans, mère célibataire, vendeuse de chaussures depuis trente ans dans une petite ville sans surprises. Lorsque le roman commence, elle vient de perdre son emploi.  Inscrite au chômage, et pour ne pas perdre ses droits, elle accepte tout : nettoyeuse de surface en horaires coupés, caissière, surveillante du self-scanning, trieuse…. le constat est là : "trop âgée", un peu lente, on lui préfère des jeunes délurées… mais pour Alice son obsession est de  nourrir son fils de sept ans, elle veut lui donner chaque jour des fruits et des légumes… Mais comment faire ? Voler ?

Tom, lui est écrivain. Depuis trente ans il publie chez le même éditeur des romans qui se vendent gentiment. Proche de la cinquantaine, ses droits d’auteur ne lui permettent toujours pas d’en vivre. Il a participé à tous les Salons du Livre, mais n’a jamais reçu de Prix, n’a jamais été cité dans les papiers des rentrées littéraires. Le constat est cruel : aujourd’hui, à l’heure des bilans, il doit bien admettre qu’il n’est pas un bon écrivain.

L'interview de Thomas Gunzig

"Pour ce nouveau roman, j’avais envie d’aborder deux sujets : le premier concernait l’argent en général. L’angoisse que peut provoquer le manque d’argent, de ne plus en avoir assez pour vivre, même modestement… et ce que l’on peut être amené à faire quand on en a vraiment besoin… Pour manger, pour élever ses enfants. Que fait-on de la morale à ce moment-là ? Que devient la morale quand on a vraiment besoin d’argent ? "

"J’avais envie de faire le portrait d’une salariée normale, une personne ni riche ni pauvre, plus très jeune, mais qui va connaître de sérieux ennuis en perdant son emploi."

"Et puis, j’avais aussi envie de faire le portrait d’un personnage qui me ressemble un peu : un personnage d’écrivain.  Un écrivain qui n’est ni un écrivain célèbre, ni un écrivain inconnu, juste entre les deux. Un écrivain qui vend un peu de livres mais pas suffisamment pour en vivre. Obligé de faire ce que des milliers d’écrivains font à travers le monde : devoir faire le tour des librairies, le tour des salons du livre de province, accepter toutes les invitations, mais qui, arrivé à un certain âge, se rend compte que ça n’a jamais marché pour lui et qui se pose alors la question non seulement de l’argent, mais aussi la question du talent."

"J’avais envie que ces deux personnages se rencontrent à l’occasion d’un coup monté, et qu’ils fassent enfin un livre qui marche et qui les rende riches."

Tom, Alice, deux personnages particuliers… qui se rejoignent pour vivre une aventure littéraire déjantée.

"Feel Good" de Thomas Gunzig, publié chez Au Diable Vauvert. Dès le 22 août.