Fan-fictions : l'avant "After"

Depuis qu’Anna Todd a publié After, son roman mettant en scène le groupe pour ados One Direction, le monde des fanfics souffre de mauvaise réputation.

After, c’est l’histoire au milliard de lectures en ligne écrit par une jeune américaine en mal de frissons. Repérée par une maison d’édition, le livre existe aujourd’hui en 6 volumes (et il faudra au moins autant de volumes d’éthanol pour oublier cette lecture).

 

After, c’est aussi une fan-fiction. En prenant le feu des projecteurs, l’histoire a finalement attiré l’attention sur ce genre de " littérature " peu connue. Prenant pour base un univers fictionnel déjà préconçu, une célébrité, les possibilités sont pléthores. Peut-être un peu trop à l’épreuve du bon goût. Il n’y a à priori pas de limites, imaginer un prélude, une fin alternative à son film préféré, décrire la vie sexuelle de nos héros d’enfance, faire se rencontrer deux personnages mythiques de deux livres mythiques… Justin Bieber, My Little Pony, Star Wars, tout est inspiration pour les jeunes claviers.

 

Au départ publié dans les fanzines de science fiction aux Etats-Unis dans les années 1930, le genre s’est peu à peu construit une véritable communauté. La fan-fic a ensuite pris tant d’ampleur qu’une multitude de sous-genres, les fandoms, se sont développées. Plusieurs plateformes réunissent des millions d’apprentis auteurs et leurs œuvres : le site de publication comme Wattpad, le révélateur d’Anna Todd, ou des bons vieux forums comme fanfiction.net.

 

En éditant After, ne serait-ce pas la fin de l’essence même de la fan-fiction ? Il y a un paradoxe à monétiser les fantasmes des adolescents. Imaginée comme un exutoire, la fan-fiction aurait peut être intérêt à restée tapie dans l’ombre des forums, là où les gens se réunissent par passion et où l’écriture est accessible à tous.