Et si les insectes nous attaquaient ? Maxime Chattam puise dans la réalité pour nous faire peur.

Imaginez-vous installé confortablement dans un fauteuil le temps d’une petite sieste tranquille ou au soleil allongé sur un transat. Mieux si vous êtes lecteur, dans votre jardin avec un bon roman dans les mains et une petite brise qui vous caresse le visage. Et soudain, une araignée se balade sur votre peau, puis un mille-pattes, puis une armada d’insectes. Horreur. Ça y est, vous êtes occupé à inspecter autour de vous ? Votre peau vous démange. Bienvenue dans le dernier roman de Maxime Chattam, UN(e)SECTE.

Ce n’est évidemment que le point de départ. Maxime Chattam construit une enquête policière en jouant sur nos peurs des petites bestioles ; cette gigantesque biomasse qui pourrait potentiellement nous enterrer. Imaginez un seul instant qu’un esprit malin en prenne le contrôle. Improbable ? Pas si sûr. Si le roman est une fiction, il n’en est pas moins documenté. C’est notamment ce qui le rend intéressant parce que oui, l’agence de recherche et de développement américain de la défense, le DARPA, développe des projets qui consiste à prendre le contrôle des insectes. Si vous n’êtes pas convaincus, quelques clics sur internet suffiront à vous convaincre.  

Pour Maxime Chattam "ces insectes étaient parfaits pour un thriller mais aussi pour nous interroger sur notre monde. Ils nous offrent une comparaison avec la société humaine, avec notre civilisation. Les insectes obéissent aveuglément à quelques reines qui dans le roman sont nommés les GAFAM (les géants du web) tout simplement."

Le romancier à succès décrit aussi des lieux surréalistes inspirés de lieux qui existent bel et bien comme Skid Row à New York où vivent des dizaines de sans-abris. Dans le roman, les plus faibles d’entre eux disparaissent sans laisser de trace. Tiens, l'univers de Bone de George Chesbro n'est pas loin. 

Mais ne nous emballons pas trop vite, le roman est bien une fiction. Le prologue nous flanque déjà quelques démangeaisons. La petite réflexion sur les romans horrifiques frappe dans le mille, histoire de montrer qu’il n’y a pas de grande ou de petite littérature et que les thrillers et autres histoires à couper le souffle ont gagné leurs lettres de noblesse depuis longtemps. 

La suite s’enchaîne avec une mécanique et un rythme soutenus, construits autour de deux personnages clés. Un flic, Atticus Gore. Une privée, Kat Kordell. Chacun de son côté tente de résoudre qui un crime spectaculaire qui une disparition. Deux enquêtes entre Los Angeles, New York et le bled de Carson Mills au Kansas où insecte rime avec danger et où la mort attend son tour. Atticus Gore & Kat Kordell ne se connaissent pas. Maxime Chattam nous emmène sur deux chemins parallèles dont on ignore s’ils se croiseront. Seule certitude qui poind au fil du roman, ces deux-là se ressemblent : même ténacité, même envie de vérité…même solitude aussi. Et ils sont attachants. Très. 

Difficile de lâcher Un(e)secte parce qu’il excite notre curiosité et s’inscrit dans notre réalité faite de réseaux sociaux, de nouvelles technologies voire de biotechnologies. De notre haine d'internet et de notre dépendance. Un roman qui joue avec nos peurs et nos sentiments. Une mécanique bien huilée même si elle comporte quelques ressorts dramatiques déjà rodés. Qu'à cela ne tienne, on attend avec impatience les futures aventures d'Atticus Gore.