Eléctrico W, le nouveau roman d’Hervé Le Tellier

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- © rtbf

Membre de l’Oulipo, Hervé Le Tellier se plaît à une certaine sophistication de l’écriture. Un ouvrage qui explore diverses formes. Elétrico W est le nom d’une ligne de tramway à Lisbonne. Christine Pinchart a rencontré Hervé Le Tellier.

Christine Pinchart : C’est un plaisir, cette déclinaison du mélange des genres ?

Hervé Le Tellier : Oui et c’est sans doute pour cela que je suis entré à l’Oulipo. Mais le fait d’y être n’a pas amélioré la situation. Ce que j’aime dans un roman, c’est de pouvoir y mettre toutes les formes. De la poésie, puis décider d’avoir un passage encyclopédique, des dialogues sur plusieurs pages, en retrouvant une forme théâtrale, et puis on peut avoir du monologue. Donc, j’essaie de mettre dans mes propres textes, des choses que j’aime trouver chez les autres. Comme des petits objets cachés ; c’est intéressant et ludique.

Le roman lui-même commence par un prologue, comme un message que vous délivrez au lecteur, et qui a une signification particulière ?

Hervé Le Tellier : C’est un pacte, comme dans les romans dits classiques. J’avais écrit ce prologue comme une sorte de petite colline à partir de laquelle j’allais observer l’intégralité du roman qui allait se dérouler. Une sorte de promontoire, pour dire le narrateur que je suis, et sa manière d’accompagner le personnage principal du roman.

C’est un personnage qui devient rapidement vivant ?

Hervé Le Tellier : Tout à fait réel, tant il prend de la place. Mais j’ai écrit ce prologue il y a très longtemps. Et quand j’ai repris le roman des années après, j’ai conservé ce point de vue de départ pendant tout le livre, en gardant la trajectoire de mon personnage.

Difficile de parler d’une seule  histoire, elles sont multiples à l’intérieur du livre ?

Hervé Le Tellier : Il y a plusieurs fils lancés comme des serpentins du haut d’un balcon. Et il y en a un qui est plus important que les autres, qui est l’histoire du narrateur avec son personnage et son histoire d’amour brisée. L’histoire d’amour d’Antonio et de Canard, qui sont enfants et qui vont s’aimer pendant 7 ou 8 ans, jusqu’à ce que Canard soit obligée de quitter le Portugal ; on ne va pas dire pourquoi. Mais cette lumière du départ, c’est petite lueur, c’est ce que va essayer de retrouver le narrateur durant tout le roman. Et c’est ce fil la, qui justifie la division en chapitres et qui est le but ultime ; recréer ce passé qui a été détruit.



On dit de vous, que vous êtes un mathématicien littéraire ?

Hervé Le Tellier : Je suis mathématicien au départ, mais l’Oulipo réunit effectivement des mathématiciens. Il y a un goût à l’Oulipo pour la structure et pour la contrainte, soutenues par une organisation, qui est souvent masquée pour le lecteur. Mais elle permet à l’écrivain de s’inscrire dans un projet où il y a de la mathématique.

Neuf jours pour une histoire, c’est une symbolique ?

Hervé Le Tellier : Le neuf est à la fois le chiffre et le symbole de la nouveauté. Comme les neuf mois du cycle de la naissance des hommes. Donc le chiffre neuf est toujours relié à l’idée de la nouveauté. Et construire un roman autour de neuf chapitres, c’est une structure puissante. Puis neuf personnages, c’est le maximum que l’on puisse suivre dans un livre.

Antonio est le héros qui n’a rien d’héroïque ?

Hervé Le Tellier : C’est un personnage fort, et c’est un parallèle avec Ulysse. Un personnage qui ne maîtrise rien, qui est ballotté et qui est touchant. Un homme qui est le jouet de ses propres sentiments. Il est à la fois de pure fiction, et tellement réel. C’est un moteur incroyable pour la narration.

"Eléctrico W" a pour vous plusieurs significations ?

Hervé Le Tellier : C’est un clin d’œil au livre de Perec, c’est le symbole de l’énergie. C’est aussi comme deux rails qui se séparent, puis qui se croisent pour partir de leur côté. Je voulais une lettre qui soit à la fois un symbole et un graphisme.

Des personnages attachants, dans un roman assez ludique, même si la mélancolie s'installe de temps à autres.

 Eléctrico W chez J-C. Lattès

Christine Pinchart

Christine Pinchart : C’est un plaisir, cette déclinaison du mélange des genres ?

Hervé Le Tellier : Oui et c’est sans doute pour cela que je suis entré à l’Oulipo. Mais le fait d’y être n’a pas amélioré la situation. Ce que j’aime dans un roman, c’est de pouvoir y mettre toutes les formes. De la poésie, puis décider d’avoir un passage encyclopédique, des dialogues sur plusieurs pages, en retrouvant une forme théâtrale, et puis on peut avoir du monologue. Donc, j’essaie de mettre dans mes propres textes, des choses que j’aime trouver chez les autres. Comme des petits objets cachés ; c’est intéressant et ludique.

Le roman lui-même commence par un prologue, comme un message que vous délivrez au lecteur, et qui a une signification particulière ?

Hervé Le Tellier : C’est un pacte, comme dans les romans dits classiques. J’avais écrit ce prologue comme une sorte de petite colline à partir de laquelle j’allais observer l’intégralité du roman qui allait se dérouler. Une sorte de promontoire, pour dire le narrateur que je suis, et sa manière d’accompagner le personnage principal du roman.

C’est un personnage qui devient rapidement vivant ?

Hervé Le Tellier : Tout à fait réel, tant il prend de la place. Mais j’ai écrit ce prologue il y a très longtemps. Et quand j’ai repris le roman des années après, j’ai conservé ce point de vue de départ pendant tout le livre, en gardant la trajectoire de mon personnage.

Difficile de parler d’une seule  histoire, elles sont multiples à l’intérieur du livre ?

Hervé Le Tellier : Il y a plusieurs fils lancés comme des serpentins du haut d’un balcon. Et il y en a un qui est plus important que les autres, qui est l’histoire du narrateur avec son personnage et son histoire d’amour brisée. L’histoire d’amour d’Antonio et de Canard, qui sont enfants et qui vont s’aimer pendant 7 ou 8 ans, jusqu’à ce que Canard soit obligée de quitter le Portugal ; on ne va pas dire pourquoi. Mais cette lumière du départ, c’est petite lueur, c’est ce que va essayer de retrouver le narrateur durant tout le roman. Et c’est ce fil la, qui justifie la division en chapitres et qui est le but ultime ; recréer ce passé qui a été détruit.



On dit de vous, que vous êtes un mathématicien littéraire ?

Hervé Le Tellier : Je suis mathématicien au départ, mais l’Oulipo réunit effectivement des mathématiciens. Il y a un goût à l’Oulipo pour la structure et pour la contrainte, soutenues par une organisation, qui est souvent masquée pour le lecteur. Mais elle permet à l’écrivain de s’inscrire dans un projet où il y a de la mathématique.

Neuf jours pour une histoire, c’est une symbolique ?

Hervé Le Tellier : Le neuf est à la fois le chiffre et le symbole de la nouveauté. Comme les neuf mois du cycle de la naissance des hommes. Donc le chiffre neuf est toujours relié à l’idée de la nouveauté. Et construire un roman autour de neuf chapitres, c’est une structure puissante. Puis neuf personnages, c’est le maximum que l’on puisse suivre dans un livre.

Antonio est le héros qui n’a rien d’héroïque ?

Hervé Le Tellier : C’est un personnage fort, et c’est un parallèle avec Ulysse. Un personnage qui ne maîtrise rien, qui est ballotté et qui est touchant. Un homme qui est le jouet de ses propres sentiments. Il est à la fois de pure fiction, et tellement réel. C’est un moteur incroyable pour la narration.

"Eléctrico W" a pour vous plusieurs significations ?

Hervé Le Tellier : C’est un clin d’œil au livre de Perec, c’est le symbole de l’énergie. C’est aus