Deux livres sur Palmyre en librairie la semaine prochaine

"Adieu Palmyre", aux éditions Philippe Rey
"Adieu Palmyre", aux éditions Philippe Rey - © Philippe Rey

Deux ouvrages consacrés à Palmyre sont attendus en librairie la semaine prochaine, alors que la cité antique situé dans le désert syrien vient d'être reprise aux djihadistes du groupe Etat islamique (EI) par l'armée de Damas appuyée par la Russie.

La publication de ces deux livres était prévue de longue date, bien avant les derniers événements sur le terrain. Tous les deux doivent paraître le 7 avril.

"Adieu Palmyre" (Philippe Rey), signé par l'Académicien Dominique Fernandez et illustré par quelque 80 photos de l'Italien Ferrante Ferranti, est un hymne d'amour à ce site inouï.

"J'ai été quatre fois à Palmyre: c'était le lieu le plus enchanteur de l'Orient, à la fois par la beauté exceptionnelle des ruines et par le paysage romantique qui les entourait", écrit Dominique Fernandez. "Maintenant que tout est détruit, j'ai voulu me souvenir."

Le livre de 128 pages a pour ambition de faire oeuvre de mémoire alors que selon des spécialistes, il est "illusoire" de croire qu'on va reconstruire Palmyre.

"Tout le monde s'enflamme parce que Palmyre est +libérée+ entre guillemets, mais il ne faut pas oublier tout ce qui a été détruit et la catastrophe humanitaire du pays. Je suis très perplexe sur la capacité, même avec l'aide internationale, de rebâtir le site de Palmyre", a ainsi indiqué à l'AFP Annie Sartre-Fauriat, membre du groupe d'experts de l'Unesco pour le patrimoine syrien.

L'autre ouvrage où il est question de Palmyre est beaucoup plus ambitieux puisqu'il s'agit du "Dictionnaire amoureux de l'Orient" (Plon) signé par René Guitton, spécialiste des chrétiens d'Orient et membre du groupe d'experts de l'Alliance des civilisations des Nations unies, en matière d'Orient et de religions.

Le dense article consacré à Palmyre raconte son histoire. Des tablettes du XVIIIe siècle avant notre ère évoquent l'existence de cette cité sous le nom de Tadmor, "déjà bâtie un siècle plus tôt".

"Au fil des trois derniers siècles, Palmyre a souffert de nombreux pillages et de fouilles illicites", rappelle René Guitton, qui rend hommage à la persévérance de l'archéologue syrien Khaled al-Assaad, ancien directeur des Antiquités de Palmyre décapité en public en août en raison de son combat "pour que l'Histoire et l'art continuent de se conjuguer".

"Palmyre, la glorieuse, constituait une part immense de notre Histoire: l'Histoire des civilisations orientales et occidentales qu'il convient de rappeler sans cesse aux hommes du XXIe siècle, pour que nul ne dépouille davantage la Syrie et l'humanité de ces précieux fragments d'âme millénaire", écrit René Guitton, qui salue "Palmyre splendeur. Palmyre douleur".