" Derrière la haine ", le nouveau roman de Barbara Abel

« Derrière la haine », le nouveau roman de Barbara Abel
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« Derrière la haine », le nouveau roman de Barbara Abel - © rtbf

Un suspense haletant qui plonge le lecteur au cœur de la vie de deux jeunes couples, avec un enfant. Aux éditions du Fleuve Noir.

Christine Pinchart a rencontré Barbara Abel. L’auteur a souhaité en dire le moins possible afin de laisser au lecteur le plaisir de la découverte.

Christine Pinchart : Barbara Abel, on sait que vos romans naissent souvent d’un fait du quotidien qui vous a marqué. Votre premier livre s’est construit sur l’impression qu’une femme voulait vous voler votre bébé lorsque vous étiez enceinte. C’est le cas aujourd’hui aussi ?

Barbara Abel : Oui pareille, mais on va essayer de ne pas trop en dire et puis ma propre histoire s’arrête rapidement et l’imagination a pris le relais. Donc c’est l’histoire de deux couples voisins qui ont chacun un petit garçon du même âge. Ils se voient souvent, ils imaginent même faire un trou dans la haie afin de pénétrer plus facilement l’un chez l’autre. Et puis un jour un événement dramatique va les éloigner, et la rancœur va naître, accompagnée d’un esprit de vengeance de plus en plus perceptible.

Les deux couples vont s’épier, vous nous emmenez sur de fausses pistes, on analyse les moindres gestes et on se perd ?

Barbara Abel : C’est un peu mon fond de commerce, cette tension psychologique. Notamment avec ce personnage qui aime les plantes et qui fait des décoctions pour soigner son fils. Elle est fan d’homéopathie, et son passé fait qu’elle connaît bien les plantes et leurs vertus thérapeutiques. Et donc, elle s’en sert pour le bien comme pour le mal.

Les hommes de l’histoire ont un rôle plus secondaire ?

Barbara Abel : Je pense que les mères sont plus impliquées émotionnellement, ce qui conduit à plus de dérives puisque tout ce qui concerne l’émotionnel n’est pas rationnel justement. Et l’un des maris essaie de garder les pieds sur terre. Son passé le rend terre-à-terre. Il a eu des problèmes avec la justice et il a moins de propension que sa femme à partir dans un délire psychologique. Et ce personnage m’a été fort utile parce que c’est lui qui fait comprendre au lecteur que peut-être sa femme délire complètement. Mais délire-t-elle ou non ?



Les deux petits garçons sont de beaux personnages, qui s’organisent avec leur naïveté et qui ne sont pas toujours bien compris ?

Barbara Abel : Mettre en scène des enfants, c’est une arme à double tranchant parce qu’on est très sensible tous, à ce qui touche les enfants. Il ne peut pas se passer des choses trop dures en tout cas dans la description. Et puis un thriller, c’est aussi une lecture ludique, je ne fais pas un roman réaliste noir. L’implication des enfants est essentielle, mais le lecteur ne doit pas souffrir. Ensuite l’enfant c’est une machine de guerre, et dans le livre il y a un petit garçon confronté à un choc psychologique, qui va mettre en place un processus de résilience pour s’en sortir. Évidemment, les adultes vont être bouleversés par sa réaction. Ça me permet de jouer avec ce qui se passe dans la tête des adultes et de faire monter la tension à ce niveau-là.

Il y a très peu de personnages extérieurs mis en scène. On est presque dans un huis-clos ?

Barbara Abel : Oui, ça pourrait être une pièce de théâtre ou même un film à petit budget. Le livre fait 320 pages où l’on reste au même endroit. Une pièce de théâtre où toute l’histoire est basée sur la tension psychologique.

Chaque fois que je termine un de vos livres, je me dis, elle fonctionne comme John Irving ; les drames sont dans ses livres parce qu’il craint en vieillissant de perdre les siens. Mais vous êtes beaucoup plus jeune que John Irving, où va-t-on s’arrêter ?

Barbara Abel : Moi, c’est tout le contraire et j’ai eu peur d’aborder cette histoire parce que je suis superstitieuse. Faisons gaffe avec les histoires qu’on manipule parce que ça peut se retourner contre vous. L’idée me plaisait beaucoup, c’est une idée forte, mais j’ai hésité à jouer avec le feu. Voilà ensuite, je suis une mère