Décès de l'historienne Nancy Dupree, "grand-mère" de l'Afghanistan

Nancy Dupree
Nancy Dupree - © JALIL REZAYEE - BELGAIMAGE

L'historienne américaine Nancy Hatch Dupree, qui a consacré la majeure partie de sa vie à préserver le patrimoine de l'Afghanistan, est morte dimanche dans un hôpital de Kaboul à l'âge de 89 ans.

Le décès de celle parfois surnommée "la grand-mère" de l'Afghanistan, très respectée dans le pays, a été confirmé par Waheed Wafa, directeur général du Centre sur l'Afghanistan à l'Université de Kaboul.

Ce centre conserve plus de 100.000 documents dans les deux langues officielles du pays, le dari et le pachtou, ainsi qu'en anglais et d'autres langues européennes, rassemblés par l'historienne et son deuxième mari, l'archéologue américain Louis Dupree, rencontré à Kaboul et mort en 1989.

Nancy Hatch Dupree, alors mariée à un diplomate, était arrivée en 1962 en Afghanistan et s'était prise de passion pour ce pays musulman. Elle l'a arpenté durant une cinquantaine d'années, écrivant cinq guides et rassemblant des documents sur son histoire mouvementée.

De nombreux Afghans lui ont rendu hommage sur Twitter. "Très attristé par la mort de Nancy Dupree. Les Afghans chérissent et respectent ses services depuis des décennies pour l'Afghanistan. Nancy va nous manquer ! RIP", a tweeté le chef de l'exécutif afghan Abdullah Abdullah.

"Vous avez été une bénédiction, votre travail restera comme un trésor, vous êtes aimée et serez regrettée par le peuple d'Afghanistan", a écrit l'activiste Mariam Wardak tandis que l'actrice Fershta Kazemi saluait "50 ans passés à sauvegarder les documents et objets historiques d'Afghanistan".

Pour le chargé d'affaires américain en Afghanistan, Hugo Llorens, l'historienne était "un pilier de la communauté américaine en Afghanistan" et "ne sera jamais oubliée".

Nancy Hatch Dupree et son mari ont vécu en Afghanistan jusqu'à la fin des années 1970 avant d'être forcés au départ par le gouvernement communiste. Ils se sont alors installés au Pakistan, à Peshawar, continuant leur collecte de documents sur l'Afghanistan et aidant les réfugiés afghans fuyant le conflit durant l'occupation soviétique de 1979-1989.

L'historienne était revenue en Afghanistan après l'invasion conduite par les Etats-Unis, qui a renversé les talibans en 2001. Avec l'aide du nouveau gouvernement, elle avait alors créé le Centre sur l'Afghanistan, qui approvisionne également des centaines de bibliothèques dans le pays, conformément à sa conviction selon laquelle le savoir constitue la clef de la reconstruction du pays.