D'où vient l'expression "être gonflé" ?

D'où vient l'expression "être gonflé" ?
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C’est plutôt gonflé d’offrir des fleurs à son épouse quand il embrasse d’autres femmes une fois qu’elle a le dos tourné ! "Ne pas manquer d’air", "ne pas manquer de toupet" sont des expressions synonymes de gonflé".

Coup d’œil sur l’origine de l’expression et sur son évolution au fil des siècles.

Pour mieux comprendre cette expression de la langue française, revenons sur l’origine du verbe "gonfler".

C’est au XVIe siècle, en l’absence des pneumatiques, que ce verbe fait son entrée au sens littéral pour signifier "distendre en remplissant d’air ou de gaz".

À l’époque, en effet, on gonflait les vessies d’animaux pour ensuite les sécher et les accrocher au plafond. Défense, par contre, de les utiliser comme lanternes !

Au XVIIe siècle, "gonfler" est employé au participe passé pour désigner, au sens figuré, quelque chose de complètement rempli, de rempli à l’excès. Ainsi, il ne devient pas rare d’entendre "avoir le cœur gonflé de chagrin" ou "être gonflé d’audace".

Il faudra néanmoins encore attendre 2 siècles pour que "gonflé" devienne un synonyme de "courageux", dérivé de "gonflé de courage". Un demi-siècle plus tard, le terme prend alors le sens de "plein d’audace", au même moment où l’expression "gonflé à bloc" donne l’image du pneu gonflé au maximum.

C’est de cette dernière que, par plaisanterie, la version "ne pas manquer d’air" apparaît, une locution facilement affectée à un objet gonflé à bloc.

Lorsque l’audace frôle l’insolence, "gonflé" prend alors le sens d' "avoir trop-plein d’audace". D’une perception admirative à un agacement certain, ce dernier justifie alors l’emploi de l’expression "être gonflé".