Comment les maisons d'édition survivront-elles au confinement

Le mois d'avril, au cœur du confinement, a été le plus difficile pour les éditeurs. 73% des sondés déclarent une chute de revenus supérieure à 60% sur cette période par rapport à l'année précédente.
Le mois d'avril, au cœur du confinement, a été le plus difficile pour les éditeurs. 73% des sondés déclarent une chute de revenus supérieure à 60% sur cette période par rapport à l'année précédente. - © Getty Images/EyeEm

Les maisons d'édition ont été fortement affectées par l'épidémie de coronavirus et certaines évoquent même un risque de fermeture, selon un sondage du Syndicat national de l'édition (SNE) en France.

Le sondage, réalisé auprès de 132 entreprises, représentant 250 maisons d'édition, relève que les flux de revenus des éditeurs se sont asséchés ces derniers mois. La moitié des sondés anticipent une baisse de chiffre d'affaires de 20% à 40% cette année par rapport à 2019.

Un autre quart des maisons interrogées estiment qu'elles perdront plus de 40% de chiffre d'affaires cette année.

Le mois d'avril, au cœur du confinement, a été le plus difficile pour les éditeurs. 73% des sondés déclarent une chute de revenus supérieure à 60% sur cette période par rapport à l'année précédente.

Pour mars, 63% des éditeurs accusent des pertes entre 20% et 60% de leur chiffre d'affaires.

Malgré la réouverture des librairies, un peu plus d'un tiers des maisons d'édition anticipent un recul de 60% de leurs revenus en mai.

Dans ces conditions, elles prévoient dans les mois à venir de graves difficultés de trésorerie et anticipent des reports ou annulations d'investissements prévus. Un tiers estime que la crise sanitaire fait peser une menace sur l'emploi dans leur structure et 18 maisons évoquent même un risque de fermeture.

Concernant leur activité éditoriale, les sondés rapportent avoir annulé ou reporté 18% des nouveautés prévues en 2020.

Les mesures d'aides spécifiques à l'édition ont été assez peu sollicitées. Seules une dizaine de maisons d'édition ont fait appel à l'aide exceptionnelle du Centre national du livre (CNL) en France destinées aux maisons d'édition indépendantes les plus fragiles. 56% des maisons d'édition estiment que ces mesures d'urgence sont insuffisantes et leurs montants trop faibles. Parmi les raisons fréquemment évoquées par leurs responsables, les critères d'éligibilité sont jugés trop contraignants. Le manque de réactivité des organismes bancaires est également évoqué.

La quasi-totalité (91%) s'inquiète aussi du redémarrage difficile des librairies et autres points de vente même si, depuis le déconfinement, les clients sont au rendez-vous.

Parmi les mesures attendues: un fort soutien de l'État et des collectivités locales aux librairies, la possibilité d'une suspension de la TVA sur le livre, des subventions pour le livre scolaire ou encore la distribution de chèques-lire.

Parmi les autres mesures souhaitées par les éditeurs, une aide aux auteurs qui ont vu leurs projets affectés par la crise sous forme de crédits d'impôt, un tarif postal propre au livre ou une politique de commandes publiques de livres pour les bibliothèques, médiathèques, établissements scolaires et Ehpad.