Celle qui fuit et celle qui reste, 3e tome de la tétralogie addictive de "L'amie prodigieuse"

Celle qui fuit et celle qui reste
Celle qui fuit et celle qui reste - © Gallimard

Le troisième volet très attendu de la série d’Elena Ferrante, " Celle qui fuit et celle qui reste ", vient de paraître aux éditions Gallimard. Traduit par Elsa Damien.

ELENA FERRANTE, un nom d’emprunt pour cet (te) auteur(re) mystérieuse, qui n’a jamais voulu se révéler au grand public, quelqu’un dont on ne sait rien, qui s’est toujours caché, et qui avait déclaré que si on découvrait son identité, il (elle) elle cesserait d’écrire. Sauf qu’en octobre dernier, le journaliste italien Claudio Gatti a déclaré que la fameuse auteure italienne serait Anita Raja, éditrice et traductrice aux éditions d’Edizioni qui publie Elena Ferrante, justement. Après avoir surveillé les comptes de cette éditrice, il s’est rendu compte qu’à partir de 2014, les recettes de cette maison d’édition avaient formidablement progressé, (de plus de 65%). Recettes qui coïncident avec le succès remporté par la publication de cette trilogie en Italie et à l’étranger. Pour le moment, on n’en sait rien de plus, l’éditrice Anita Raja n’a pas réagi.

Pour feuilleter "Celle qui fuit et celle qui reste"

Cette série commencée avec " L’Amie prodigieuse ", connaît un formidable succès, elle est traduite en 40 langues, elle évoque l’Italie des années 50, 60 et 70.

C’est une trilogie addictive, un peu comme dans les bonnes séries. Tout commence par une amitié entre deux petites filles, nous sommes dans les années 50, à Naples. Elena et Lila vivent dans un quartier défavorisé. Elles ont envie d’apprendre, elles sont douées pour les études, mais dans ces années-là, les filles ne poursuivent que très rarement leurs études. Lila est terriblement intelligente, mais très vite, elle arrête ses études pour commencer à travailler. Et elle va se marier. Elena, elle, va poursuivre ses études, c’est elle qui raconte cette histoire, celle de leur formidable amitié qui va se poursuivre pendant plusieurs décennies. Une amitié faite d’amour et de haine… De désir et de jalousie…. Cette trilogie commence lorsqu’elles ont plus de 60 ans : Lila a disparu. Cette femme tellement particulière, au caractère fort, aux avis tranchés mais toujours pertinents, cette Lila capable de tous les extrêmes est introuvable… sans laisser de traces…

C’est cette disparition qui va inciter Elena à dérouler le fil de leur histoire.

En remontant à leur enfance et leur jeunesse, elle nous plonge dans les soubresauts de la vie politique de cette partie de l’Italie, Naples. Avec les mafieux qui encadrent le quotidien de beaucoup de familles, avec des mouvements de défense des ouvriers (sortes de syndicats) qui vont se créer dans les entreprises, les mouvements féministes qui vont apparaître fin des années 60, et les attentats des Brigades Rouges fin 70, et des mouvements d’extrême droite…. Ce qui est passionnant dans cette trilogie, c’est qu’Elena Ferrante l’auteur, qui qu’elle soit, mêle histoire contemporaine et quotidien de ces femmes en ces années-là : les premières amours, leurs mariages ratés mais aussi leur intégrité politique. Pour Elena, la narratrice, la difficulté à maintenir sa relation d’amitié avec Lila, parce qu’elle a quitté Naples et qu’elle vit avec un professeur d’université. (elle se serait embourgeoisée). La difficulté à se réaliser, coincée entre maternité et l’envie de vivre pleinement l’amour de sa vie. Par le biais des petites histoires, nous suivons l’évolution de la société italienne, et découvrons les grands changements qui s’opèrent dans ce pays.

Même si chaque volume peut se lire indépendamment des autres, un petit conseil, commencez cette saga par les deux premiers volumes, qui sont parus en format poche chez Folio : "L’amie prodigieuse", et "Le Nouveau nom".

"Celle qui fuit et celle qui reste", troisième partie de la série signée Elena Ferrante, qui vient de paraître chez Gallimard.