Adam Clarks – Espionnage, séduction et cambriole…

Chroniqueur mondain à la plume acerbe, Adam Clarks écume les soirées de la bonne société de la grande ville américaine où il réside dans un luxueux appartement. Beau gosse, la gent féminine succombe à ses charmes telle cette jeune et belle Irina qu'il ne tarde pas à mettre dans son lit. Mais la nuit venue, il troque son smoking pour un costume de rat d'hôtel et dérobe un gigantesque rubis. Pas de chance : repéré par le KGB - comme par la CIA d'ailleurs -, le voilà pris entre deux feux : les Russes menaçant de révéler ses vraies activités, les Américains de le considérer comme un traitre pour avoir séduit Irina, elle-même agent soviétique…

 

Situé dans une époque oscillant entre un futurisme à la Torres avec voitures volantes et un look fifties très "Mad Men", Adam Clarks est un album qui déborde d'élégance. Le héros, plus Arsène Lupin que Robin des Bois, alliant la classe du premier à la vivacité du second.

 

Antonio Lapone au dessin nous sort des planches - gigantesques, le format de l'album étant un peu hors norme - aux lignes élancées et aux personnages aux traits anguleux sans être durs. Les personnages sont typés à souhait, comme un clin d'œil aux films d'espionnages des années "guerre froide".

Régis Hautière (à l'actualité riche en ce moment : Périco avec Berthet, mais aussi Femmes en Résistance) assure ce scénario entre espionnage et cambriole. Il y ajoute astucieusement un narrateur bien présent mais invisible aux protagonistes de l'histoire. Agissant comme un reporter, il s'insinue dans les cases, arrêtant parfois l'action en cours pour en expliquer le contexte. Excellente trouvaille scénaristique que voilà, qui évite des flash-backs parfois un peu lourds à insérer sans rompre le rythme de l'action.

 

Au final, on a ici un excellent album au charme incontestable qui joue sans excès sur les anachronismes avec un (anti)héros tout de même diablement sympathique.

 

En bref : que vous soyez fans de James Bond ou d'Arsène Lupin, cet album devrait vous combler…

 

Adam Clarks par Lapone et Hautière chez Glénat coll. [Treize étrange]

 

Denis MARC

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Adam Clarks © Glénat / Lapone & Hautiere