150e anniversaire de la naissance Maeterlinck, unique prix Nobel de Littérature belge

Maurice Materlinck
Maurice Materlinck - © archives Belga

Il y a 150 ans, naissait Maurice Maeterlinck, poète, dramaturge mais aussi essayiste symboliste d'expression française, et à ce jour, unique écrivain belge à s'être vu décerner le prix Nobel de Littérature (1911).

Maeterlinck voit le jour à Gand le 29 août 1862 dans une famille aisée de la bonne bourgeoisie francophone. Formé par les Jésuites au collège Saint-Barbe, il entame en 1881 des études de droit tout en publiant ses premiers vers dans "La Jeune Belgique", une revue littéraire et artistique paraissant à Bruxelles.

Diplômé en 1885, le jeune Maurice s'inscrit comme stagiaire chez le grand avocat Edmond Picard qui réunit alors tout ce que la Belgique culturelle compte de progressiste. A la même époque, Maeterlinck fait la connaissance de Georges Rodenbach et découvre l'oeuvre du célèbre mystique flamand Jan Van Ruysbroeck qu'il traduira par la suite.

Toujours à la même époque, Maeterlinck rencontre à Paris des écrivains symbolistes comme Villiers de l'Isle Adam qui vont profondément l'influencer.

En 1889, le jeune auteur publie un recueil de poèmes intitulé "Serres chaudes" ainsi que sa première pièce de théâtre, "La Princesse Maleine" dont l'écrivain et critique français Octave Mirbeau fera l'éloge, l'année suivante, dans les colonnes du Figaro.

Du jour au lendemain, Maeterlinck qui a entre-temps publié "L'intruse" (1890) et "Les Aveugles" (1890) devient célèbre. Ses textes sont alors traduits dans les principales langues européennes.

Suivront "Les Sept Princesses" (1891), "Pélléas et Mélisande" (1892), "Alladine et Palomidès", "Intérieur" et "La Mort de Tintagiles" (1894) qui donneront ses lettres de noblesse au théâtre imaginé par les symbolistes grâce à leur esthétique novatrice caractérisée par l'absence d'action, le fatalisme, le mysticisme et la présence constante de la mort.

En 1895, Maeterlinck rencontre Georgette Leblanc qui sera non seulement sa compagne mais aussi son égérie pendant 23 ans. En 1896, il s'établit à Paris où il côtoie Oscar Wilde, Paul Fort, Stéphane Mallarmé, Camille Saint-Saëns, Anatole France ou encore Auguste Rodin. Trois textes charnières paraîtront également cette année-là dans les trois genres chers à l'écrivain que sont la poésie ("Douze Chansons"), le théâtre ("Aglavaine et Sélysette") et l'essai ("Le Trésor des Humbles") dans lequel il exprime sa vision du monde.

L'auteur de "Pélléas" s'établira ensuite dans l'ancien presbytère de Gruchet-Saint-Siméon puis dans l'ancienne abbaye normande de Saint-Wandrille avant de découvrir les charmes de la Méditerranée d'abord à Grasse puis à Nice où il fera l'acquisition bien plus tard d'un ancien casino qu'il transformera en demeure féérique qu'il baptise "Orlamonde".

Son théâtre se fait plus optimiste, le succès est toujours au rendez-vous notamment avec "L'Oiseau bleu" dont le succès sera mondial. Les plus grands musiciens de l'époque, comme Fauré et Debussy, s'emparent de son oeuvre qui se voit couronner par le prix Nobel de Littérature en 1911. Sa gloire devient alors immense mais l'écrivain ne reste pas pour autant indifférent aux problèmes sociaux et sera profondément marqué par la Première Guerre mondiale. Il défendra dès lors une certaine forme d'universalisme dans ses oeuvres ("Le Bourgmestre de Stilemonde" et "Le Sel de la vie" -1917).

Maeterlinck partira également à la découverte philosophique du monde végétal ("L'Intelligence des fleurs" - 1907) et des insectes sociaux ("La Vie des abeilles" -1901-, "La Vie des termites" -1926-, ou encore "La Vie des fourmis" -1930-).

A la veille de la Seconde Guerre mondiale, Maeterlinck qui continue à s'interroger inlassablement sur le destin s'exile aux Etats-Unis. Il regagne la France en 1947 où il publiera l'année suivante ses souvenirs d'enfance ("Bulles bleues").

Maurice Maeterlinck s'éteint en 1949 dans sa villa de Nice à l'âge de 87 ans. Il avait été anobli en 1932 par le roi Albert Ier.

 


Belga