100 maisons – Tous ensemble (sans Marc-Emmanuel)

100 maisons - Couv
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100 maisons - Couv - © Delcourt - Horellou, Le Lay & Boé - 2015

"Nous ne bâtirons pas chacun notre maison, mais nous bâtirons ensemble notre cité."

Quimper, 1950. Ce n'est pas vraiment la misère, mais la vie n'est pas facile pour les travailleurs, la reprise économique des années '60 n'a évidemment pas encore débuté. Les logements plus ou moins insalubres sont dépourvus d'électricité, d'eau courante et les loyers ne sont pas toujours payés en temps et heures…

Un jour Victor revient à la maison, surexcité. Il vient d'entendre parler d'un projet de construction en commun d'une cité par et pour les travailleurs. Le projet lancé par les Jeunesses Ouvrières Chrétiennes a déjà été réalisé du côté de Bordeaux, il n'y a pas de raison qu'en Bretagne ça ne fonctionne pas. Avec d'autres familles, Victor, André, Jeannette et bien d'autres vont réunir les fonds - non sans difficulté - pour lancer le projet de la "Cité des Abeilles" et mener à bien au bout de 4 années d'efforts la construction de 100 maisons

Ah, au fait, aujourd'hui la cité existe toujours, elle a fêté ses 60 ans et une vingtaine de ses "castors" y vivent toujours…

 

C'est une belle et vraie histoire de solidarité que nous content - au dessin - Alexis Horellou et - au scénario - Delphine Le Lay et Marion Boé, elle-même petite-fille d'un des initiateurs du projet, auquel elle a par ailleurs consacré un documentaire. Sur le principe simple : "On ne construisait pas notre maison mais des maisons et on ne rentrait dans la nôtre que lorsqu'elles étaient toutes terminées." Comme en témoigne un pionnier de l'aventure, c'est toute une communauté d'ouvriers, de petits employés sans connaissances du monde du bâtiment qui s'unirent pour se donner une vie meilleure. Si tout ne fut pas simple et qu'il leur fallait consacrer 32 heures de travail par mois et la moitié de leurs congés au projet, ils en vinrent finalement à bout.

 

Le dessin de Horellou rend bien compte de l'ambiance de l'époque, cette période pas encore faste entre la guerre et les glorieuses années 60, où, si ce n'est pas la misère noire, ce n'est pas non plus le simple confort. Le trait est fin et semi-réaliste, les personnages aux expressions parfois un peu raides ne manquent toutefois pas de caractère. Il exprime admirablement tant l'âpreté du travail que l'espoir et souvent la joie qui animent ces hommes et ces femmes.

 

En bref : un bien bel album au service d'une aventure humaine solidaire, émouvante et vraie.

 

100 maisons – la Cité des Abeilles par Horellou, Le Lay et Boé chez Delcourt

 

Denis MARC