Inauguration d'une plaque en mémoire de Soljenitsyne à Moscou

Alexandre Soljenitsyne en 1975
Alexandre Soljenitsyne en 1975 - © Belga/AFP

Les autorités russes ont inauguré lundi à Moscou une plaque en mémoire de l'écrivain Alexandre Soljenitsyne, qui a révélé au monde entier l'univers inhumain des camps de travail soviétiques et dont le centième anniversaire de la naissance sera célébré en 2018.

La plaque a été dévoilée sur un immeuble du centre-ville de la capitale russe dans lequel a résidé l'écrivain, prix Nobel de littérature, en présence de responsables du gouvernement russe, a rapporté l'agence de presse publique Ria Novosti.

"Je remercie ceux qui (...) font beaucoup et qui, je l'espère, feront beaucoup l'année prochaine pour préserver non seulement la mémoire d'Alexandre mais aussi ce en quoi il croyait, afin que nous construisions la Russie dont il rêvait", a déclaré la veuve de l'écrivain, Natalia Soljenitsyne, citée par Ria Novosti.

Le premier musée consacré à Alexandre Soljenitsyne, mort à Moscou le 3 août 2008 à 90 ans, a ouvert en 2015 à Kislovodsk, dans le Caucase russe, dans une maison où le futur auteur de "L'Archipel du Goulag" a passé, enfant, quatre ans de sa vie.

Condamné à huit ans de détention pour avoir critiqué Staline dans une lettre interceptée par la police politique, Soljenitsyne a puisé dans son expérience au camp d'Ekibastouz, au Kazakhstan, pour écrire le récit "Une Journée d'Ivan Denissovitch", paru en 1962, en plein dégel politique décidé par le successeur de Staline, Nikita Khrouchtchev.

Pourfendeur du totalitarisme communiste, Alexandre Soljenitsyne était un orthodoxe conservateur, très critique aussi de la société de consommation.

Vladimir Poutine avait rendu plusieurs fois visite à l'écrivain avant sa mort, non sans que cela suscite quelques grincements de dents parmi les anciens dissidents en raison du passé d'officier du KGB du président russe.

Une archive INA : Alexandre Soljenitsyne sur le plateau de l'émission "Apostrophes", interpellé par Jean d'Ormesson.