Le prix de la BnF décerné à Emmanuel Carrère

Scénariste, journaliste, comédien, biographe, romancier, cinéaste, documentariste, Emmanuel Carrère a traversé toutes les écritures...
Scénariste, journaliste, comédien, biographe, romancier, cinéaste, documentariste, Emmanuel Carrère a traversé toutes les écritures... - © AFP PHOTO/ ALEXANDER KLEIN

Le prix de la Bibliothèque nationale de France (BnF) a été décerné jeudi au romancier Emmanuel Carrère pour l'ensemble de son œuvre, a annoncé l'institution dans un communiqué.

Scénariste, journaliste, comédien, biographe, romancier, cinéaste, documentariste, Emmanuel Carrère a traversé toutes les écritures – y compris celle de la Bible (avec son ouvrage "Le Royaume", 2014), qui l'ont conduit, à parts égales à se raconter et à raconter la vie des autres.

"C'est l'originalité d'une œuvre singulière et, dans le large spectre de cet auteur, le fil inventif qu'il a tissé entre la fiction et le réel qui nous a séduits", a expliqué la présidente de la BnF, Laurence Engel. "Le jury a voulu rendre hommage à une écriture contemporaine, qui revendique sa présence dans le monde et la capacité de la littérature à nous en faire saisir la portée onirique, un écriture qui a marqué la production littéraire des vingt dernières années", a-t-elle ajouté.

Le prix de la Bnf qui récompense un auteur vivant de langue française pour l'ensemble de son œuvre, quelle que soit sa discipline, est doté de 10.000 euros grâce à l'initiative de Jean-Claude Meyer, président du Cercle de la BnF.

Publié aux éditions P.O.L, Emmanuel Carrère, 60 ans, a construit en près de quarante ans une œuvre d'où trois tropismes émergent : la Russie avec notamment ses romans "russes": "Un Roman Russe" (2007), "Limonov" (2009), "Voyage à Kotelnitch" (2003); le fantastique avec des romans comme "Je suis vivant et vous êtes morts" (1993) et enfin le fait-divers et le fait social dans des livres comme "La classe de neige" (1995), porté à l'écran par Claude Miller, ou "L'adversaire" (2000), dont le protagoniste, Jean-Claude Romand a donné son nom à l'une des plus célèbres faits divers de la France de la fin du XXe siècle.

Adapté à de nombreuses reprises, il a également pris en main la caméra pour se faire documentariste ("Retour à Kotelnitch", 2003) et cinéaste ("La moustache", 2005) ou encore prendre le stylo pour se confronter à l'écriture de fictions télévisées, notamment pour la série "Les revenants" (2012).

L'an dernier, le prix de la BnF avait récompensé le grand historien de l'Antiquité gréco-romaine, Paul Veyne.