Le Goncourt des lycéens à David Diop pour son roman "Frère d'âme"

"Frère d’âme", le roman de l’auteur franco-sénégalais David Diop remporte le Goncourt des lycéens. Agé de 54 ans, David Diop né à Paris, a grandi au Sénégal, avant d’achever ses études à la Métropole et à Pau où il est actuellement maître de conférences. "Frère d’âme" publié au Seuil est son deuxième roman. Il était sélectionné sur toutes les listes des grands Prix littéraires français.  Mais le Goncourt des lycéens est un prix qui prend de plus en plus d’importance, il compte beaucoup pour les auteurs. 

C’est un Prix littéraire très important, non seulement parce qu’il est choisi par des jeunes de 17 à 19 ans qui représentent des centaines de lycéens de différentes régions françaises, mais aussi parce qu’il est le prix le mieux vendu en France et en Belgique.

David Diop avait découvert il y a vingt ans des carnets de soldats français qui avaient combattu dans les tranchées pendant la guerre de 14-18. Il avait entendu des histoires de jeunes sénégalais qui s’étaient engagés, et qui n’étaient jamais revenus de cette guerre. Des soldats postés en première ligne, qu’on allait appeler "les tirailleurs sénégalais". Peu à peu, l’idée de raconter dans une fiction le sort de ces jeunes hommes, embarqués dans une guerre dont ils ne comprenaient pas les enjeux, a fait son chemin.

pour lire un extrait de "Frère d'âme"

"Frère d’âme" nous plonge dans l’enfer des tranchées, en pleine guerre 14-18, en France. Le narrateur est sénégalais. Il s’appelle Alfa Ndiaye, il ne parle pas le français, mais il a suivi dans cette guerre son meilleur ami, Mademba Diop, son ami de toujours, avec qui il a passé toute son enfance dans leur village au pays.  Dans cette tranchée, ils se racontent des souvenirs de chez eux. Et attendent le coup de sifflet du capitaine Armand pour sortir se battre. Comme lorsqu’ils étaient petits, ils se lancent des défis, et pour ne pas être traité de lâche, Mademba se lance hors de la tranchée, et est grièvement blessé par un éclat d’obus. Le ventre déchiré, toutes ses viscères répandues , il supplie son ami de l’achever, mais Alfa ne peut s’y résoudre, car la religion vous l’interdit. Il assiste à la longue agonie de Mabempa, et l’enterre au petit matin, bourré de remords et de culpabilité de n’avoir pu l’aider. C’est cette culpabilité qui le plongera dans la folie. Dans ce roman, au style incantatoire, poétique, la langue est magnifique. A côté des scènes terribles renvoyant à la cruauté de toutes les guerres, l’auteur David Diop retrace la douceur de leur enfance au pays, des premiers émois amoureux, de son affection pour l’ami disparu.