L'auteur Stephen King sauve la rubrique littéraire d'un journal du Maine

Stephen King au 2018 PEN Literary Gala
Stephen King au 2018 PEN Literary Gala - © Dia Dipasupil - AFP

Son journal local voulait supprimer les critiques littéraires pour réduire les frais: l'écrivain Stephen King a réussi, en quelques tweets, à sauver la rubrique menacée, heureux dénouement dans la lutte pour la survie que livrent de nombreux médias américains, frappés par la crise.

L'histoire a commencé vendredi, lorsque Stephen King, maître de l'horreur et du fantastique, a annoncé que The Portland Press Herald, un des principaux quotidiens de l'Etat du Maine, où il réside, allait supprimer sa rubrique dominicale consacrée aux livres écrit par des auteurs de ce petit Etat frontalier du Canada.

"Dîtes au journal de NE PAS FAIRE CA", a tweeté le romancier à succès de 71 ans, devenu célèbre avec des romans comme "Carrie" ou de "The Shining". Beaucoup d'auteurs locaux "dépendent de ces critiques pour subsister", a-t-il ajouté.

Plus de 8.000 de ses fans ont relayé son message. La direction du journal, qui emploie quelque 70 journalistes, a réagi en le mettant au défi de l'aider à trouver de nouveaux abonnés pour compenser "les milliers de dollars" que coûtait la rubrique - rédigée essentiellement par des pigistes.

"Si vous pouvez convaincre 100 de vos 'followers' de prendre un abonnement à l'édition numérique, nous réinstaurerons immédiatement les critiques de livres", a tweeté le journal, qui compte moins de 10.000 abonnés numériques.

Lundi, l'objectif des 100 abonnements - 15 dollars pour 12 semaines - était largement atteint: "Merci à tous ceux qui se sont abonnés au Press-Herald", a écrit Stephen King. "Vous avez sauvé la mise. Il y a des pays où les arts sont considérés comme vitaux, mais malheureusement, pas celui-ci".

Le rédacteur en chef du journal, Cliff Schechtman, a précisé que le quotidien avait recueilli "près de 250 nouveaux abonnés" grâce à cette opération.

"Quand quelqu'un comme Stephen King s'implique, avec plus de 5 millions de followers sur Twitter, on savait que ça aurait un impact. On s'est demandé comment il pourrait utiliser son influence pour soutenir le journalisme local", a-t-il indiqué à l'AFP par téléphone.

"Les pressions financières ne diminuent pas pour autant, le secteur subit des changements considérables, mais dans ce cas précis, c'est une fin heureuse", a-t-il souligné.