Didier van Cauwelaert et « La personne de confiance »

Didier van Cauwelaert
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Didier van Cauwelaert - © Astrid di Crollalanza - Albin Michel

La règle d’or d’un grutier de la fourrière ? Ne jamais remorquer un véhicule avec quelqu’un à l’intérieur. Seulement voilà, avec les fenêtres fumées, Maximilien n’a pas vu la grand-mère à l’arrière de la limousine. Pire, quand il la découvre enfin, elle le prend pour Victor, son amant durant la guerre. C’est dans ce sacré pétrin que Didier van Cauwelaert démarre son dernier roman : « La personne de confiance » (Albin Michel).

pour lire un extrait du livre

Homme au bon cœur et surtout voulant éviter les ennuis, Max décide de déposer la vieille aux urgences. Mais Madeleine Larmor n’est pas folle, son rapace de neveu en veut à son entreprise de biscuits. Et elle est déterminée à ne pas le laisser faire sans se battre. Elle nomme alors son sauveur « personne de confiance », responsable des décisions la concernant. En une matinée, l’orphelin employé de la fourrière se retrouve à la tête d’une entreprise endettée, avec une famille de manipulateurs sur le dos et une Madeleine en fin de course qu’il doit décourager du suicide assisté.

C’est un roman rafraîchissant que nous livre ici Didier van Cauwelaert. Un roman qui accroche très vite et ne relâche qu’au dernier mot. Cela est dû majoritairement au format narratif : le huis-clos. Un seul point de vue, celui de Max, qui raconte toute l’histoire à un flic, dans un commissariat. De quoi l’accuse-t-on ? D’abus de faiblesse, de meurtre. Max clame son innocence, bien sûr. Mais que cache-t-il ? Est-il aussi blanc qu’il ne le prétend ? Ce qui est certain, c’est que cette rencontre entre deux mondes – le quotidien maussade de Max et la vie luxueuse de Madeleine, au passé de résistante – fonctionne très bien. L’auteur y mêle adroitement des touches d’Histoire incroyables, telle la vie d’Yvonne-Aimée de Malestroit, prodigieusement bi-localisée durant la guerre. La lecture peut aisément se faire d’une traite, posément installé au soleil.

Didier van Cauwelaert nous parle du temps qui passe, de vieillesse, d’amour et d’espoir avec la légèreté qu’on lui connaît. Il explique d’ailleurs : « Essayer de rendre le monde plus respirable, développer des anticorps pour mes lecteurs, c’est vraiment un de mes buts. Mais c’est surtout une nécessité pour moi. Ayant cette chance de voir parfois un peu plus décalé, un peu plus drôle les événements que généralement les gens ne font que subir, ce serait dommage de ne pas le leur transmettre… ».  

Fondamentalement, l’auteur voit toujours en lui-même le garçon de huit ans et demi, ce « gardien de l’imaginaire » qui a décidé qu’il serait écrivain et pas autre chose. Il garde la même fantaisie, les mêmes rigueurs, les mêmes anxiétés, les mêmes doutes et les mêmes certitudes. Une énergie qui n’a donc pas l’air de se tarir et qui l’emmènera à son prochain projet, qu’il soit au cinéma, en comédie musicale ou en littérature…

plus d'infos sur le site de l'auteur

l'interview de Didier van Cauwelaert

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