Carlos Ruiz Zafón, l'auteur de "L'Ombre du vent" est décédé à l'âge de 55 ans

Carlos Ruiz Zafon est décédé à l'âge de 55 ans.
Carlos Ruiz Zafon est décédé à l'âge de 55 ans. - © PAU BARRENA - AFP

C’est sa maison d’édition Planeta qui l’a annoncé sur Twitter : "Aujourd’hui, Carlos Ruiz Zafón, l’un des meilleurs romanciers contemporains, est décédé." L’auteur vivait à Los Angeles, et il est décédé d’un cancer, ce vendredi 19 juin.

L’annonce était accompagnée d’une citation du livre qui l’a fait connaître au grand public, partout dans le monde, "L’Ombre du vent" :

Chaque livre, chaque tome que vous voyez a une âme. L’âme de celui qui l’a écrite, et l’âme de ceux qui l’ont lue, l’ont vécue et en ont rêvé.

Né en 1964, Carlos Ruiz Zafón est l’auteur des romans cultes du cycle du "Cimetière des Livres Oubliés". Son œuvre, traduite dans plus de quarante langues et publiée dans plus de cinquante pays à quelque 20 millions d’exemplaires, a été couronnée de nombreux prix. Il est l’auteur de "L’Ombre du vent" (Grasset, 2004), du "Jeu de l’ange", de "Marina", du "Prince de la Brume", du "Palais de Minuit" et des "Lumières de septembre" (Robert Laffont, 2009, 2010, 2011 et 2012). Le dernier tome de la tétralogie du "Cimetière" est paru en 2016 sous le titre "Le Labyrinthe des esprits".

plus d’infos sur le site de l’éditeur

Après une carrière dans la publicité et des débuts prometteurs dans la littérature pour ados, le jeune Carlos avait choisi, la trentaine approchant, de quitter l’Espagne. "J’ai toujours désiré, même enfant, découvrir d’autres cultures, d’autres pays, voyager. J’ai bourlingué de ville en ville. Puis je me suis installé à Los Angeles où je voulais écrire des scénarios de films", racontait l’écrivain dans une interview datant de 2013. "Je suis bien sûr toujours très lié à Barcelone, ma ville natale. Barcelone est ma mère, mais j’ai besoin de prendre de la distance comme on le fait avec ses parents".

"À Los Angeles, je me sens chez moi et je suis beaucoup plus productif en Californie. C’est plus facile qu’en Europe d’y créer sa propre bulle, de se concentrer sur l’écriture", affirmait-il. "Je ne sais pas si c’est dû au climat, à la lumière, à la flexibilité de la ville…"

L’écrivain polyglotte écrivait en anglais ses scénarios, en espagnol (castillan) ses romans et parlait catalan quand il se retrouvait dans sa ville natale.

"Ce n’est pas un choix ni une conviction politique. J’ai toujours parlé catalan. Mais j’ai fait ma scolarité en castillan. C’était dans les années 70. Aujourd’hui, ce serait en catalan et j’écrirais sans doute mes romans dans cette langue".

Carlos Ruiz Zafón était également connu pour sa passion pour les dragons qu’il collectionnait, il avouait sur la page de son site officiel, en posséder environ 400 sous différentes formes. Son goût pour ces créatures vertes et cracheuses de feu lui était sans doute venu de sa ville natale, Barcelone, où les dragons ornent de multiples façades. Et il mettait en avant leurs points communs : "Nous sommes des créatures de la nuit, pas très sociables, n’aimons pas les chevaliers errants et sommes difficiles à connaître".