Stef Kamil Carlens, The journey will be long

Stef Kamil Carlens, The journey will be long
Stef Kamil Carlens, The journey will be long - © DR

Son nom n’est pas très connu et il n’a enregistré son premier album solo, "Stuck in the status quo", qu’en mars 2017. Stef Kamil Carlens a pourtant une sacrée carrière derrière lui, une carrière voyageuse entre musique, chansons, théâtre, danse et arts plastiques, où il surgit toujours où on ne l’attend pas. C’est sur les chemins de l’école, à Anvers, qu’il rencontre Tom Barman: ensemble ils jouent et chantent dans les rues et dans les cafés de la métropole, puis fondent le groupe dEUS en 1994. Stef y tient la basse, le succès est immédiat et dEUS devient un des groupes rock belges les plus populaires et intéressants du moment. Mais en 1997, après deux albums et une série de concerts qui font un carton, Stef préfère s’en aller pour créer son propre groupe, d’abord sous le nom de  "A beatband", puis "Moondog jr", enfin "Zita Swoon", avec lequel il enregistre une dizaine d’albums comme leader, guitariste et chanteur. 

Les sonorités très blues du début se font de plus en plus éclectiques: Stef intègre dans sa musique une kyrielle d’influences au gré de sa fantaisie et de ses coups de cœur: le disco, l’électro, la chanson française, les rythmes latinos et africains. Esprit curieux, avide d’expériences et de nouveautés, Stef cherche, explore et navigue de projet en projet : il compose une musique pour un film muet des années trente, "L’aurore" de Friedriech Wilhem Murnau; il travaille avec le Bordelais René Cojo et l’orchestre national d’Ile de France pour un spectacle à Avignon; Zita Swoon se fait Zita Swoon Group pour des projets qui mêlent danse, théâtre et musique: Stef s’associe avec Koen Augustin des célèbres Ballets C de la B pour "Plage Tatoo", avec Anna-Teresa De Keersmaeker pour "Dancing with the sound hobbyist" ; il tombe amoureux de la musique mandingue, celle de l’Afrique de l’Ouest, dans laquelle il voit une des lointaines origines du blues: il se rend au Burkina Faso et avec les griots Awa Démié et Mamadou Diabaté Kébié, il lance le projet "Wait for me"; pour "Nothing that is everything", un spectacle dansé-chanté autour des dadaïstes et la fondation de leur mouvement dans un café de Zurich en 1916 , il fait appel à Jan Lauwers, le chorégraphe de la Need Company… Au départ de chacun de ces projets, il y a toujours la magie d’une rencontre et le désir de croiser des univers parfois très éloignés: Stef Kamil Carlens est un artiste du mélange, du carrefour, de la fusion.

Et le premier disque sous son nom ne déroge pas à la règle : il y joue et chante avec Alma Auer, une harpiste belgo-hongroise qu’il a rencontrée faisant la manche dans les rues d’Anvers, comme lui trente ans plus tôt. Dans l’ancienne scierie d’Hoboken, en banlieue, où il vit avec Louise, sa compagne francophone de Tournai, et où il s’est installé un studio atelier, son antre, son repaire, son bric-à-brac de travail haut en couleur, où chaque instrument, chaque bibelot, chaque photo a sa place et raconte un bout de son histoire, il a répété avec Alma les morceaux de ce premier album "solo" qui n’en est donc pas un: il a écrit les textes, composé la musique, mais s’est constamment frotté aux cordes et la voix de la jeune femme, comme dans le titre-phare "The journey will be long", un chant d’espoir face à un monde devenu fou, totalement dans sa manière: le texte grave et fort d’un éternel voyageur sur une musique délicate et quasi aérienne:

"We sail along the seas of right and wrong ,

So vast you wonder why even bother,

The winds are strong

The journey will be long…"

" Nous naviguons sur les mers du bien et du mal,

Si immenses que tu te demandes même pourquoi tu t’inquiètes

Les vents sont forts

Le voyage sera long… "

 

Tout le Baz’Art de Stef Kamil Carlens

ARTE, dimanche 7 janvier, 17h35

LA UNE, jeudi 11 janvier, 23h45