Ozark Henry, la musique en 3D

Hadja Lahbib et Ozark Henry
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Hadja Lahbib et Ozark Henry - © Tout le Baz'Art

Ozark Henry, le musicien belge le plus téléchargé après Stromae a délaissé guitares, synthés, batterie et basse : il tourne en cet automne 2016 en mode acoustique dans des petites salles du Nord et du Sud du pays. Il chante au piano accompagné du quatuor à cordes de l'Orchestre National de Belgique et d'une choriste, Laura Groeseneken, qui joue par moment du mélodica. "Harmony is Paramount", une tournée originale et intimiste qui prolonge ainsi par le chemin des écoliers la fabuleuse expérience de l'année dernière : l'enregistrement de son dernier album, "Paramount" avec  les 90 musiciens de l'Orchestre National de Belgique, suivi des concerts grandioses au Bozar et au Lotto Arena. Ozark Henry y revisitait tout son répertoire sur des arrangements classiques somptueux et s'y livrait tout entier dans "We can be heroes", sa version tout en nuance et émotion de "Heroes", le tube de Brian Eno et de David Bowie.

 

Un David Bowie auquel la critique l'a volontiers comparé dès le début de sa carrière, il y a vingt ans, lors de la sortie de son premier album "I'm seeking that everybody found me", en 1996. Mais le "jeune David Bowie flamand", malgré cette filiation prestigieuse et revendiquée, ne vend pratiquement aucun album . Et c'est le grand David lui-même qui va sortir de son quasi anonymat le chanteur flamand inconnu : dans une interview à un grand magazine musical, Bowie qualifie l'album d'Ozark de "meilleur album de l'année", ce qui attire sur lui les projecteurs et lui permet de tourner un peu partout en Europe : c'était parti !

 

Sept albums et cinq bandes originales pour le cinéma plus tard, Ozark Henry est au sommet de sa carrière : il collectionne les hits et les disques d'or et de platine ; abonné des grands festivals,  il joue sur les scènes du monde entier ; il chante sur la Grand place de Bruxelles en invité d'honneur de l'Ommegang ; il est nommé ambassadeur de bonne volonté des Nations-Unies pour la lutte contre le trafic des êtres humains ; il s'offre des détours du côté de la mode en prêtant ses notes aux défilés de Dries van Noten et Ann Demeulemeester. Sa voix souple et grave, sa dégaine de grand échalas à la mèche blonde, ses fringues punk-chic, ses tongues en soirée, ses concerts pieds nus devant le Roi font merveille. Et puis surtout, sa musique : simplissime en apparence, mais en fait très élaborée : des mélodies entêtantes nichées dans des compositions très construites. Sa déconcertante aisance musicale cache un artiste en recherche permanente, à l'affût de nouveaux sons, de nouveaux styles, de nouvelles techniques.

 

Lui qui affirme "faire de la musique comme on boit quand on a soif" doit sans conteste cette facilité, comme cette exigence, à son père, Norbert Goddaer, compositeur classique et de jazz, et à sa famille, très cultivée : dans leur maison de Courtrai, la musique, la littérature, les arts faisaient partie du quotidien. "Piet" comme tous ses amis continuent à l'appeler, connaît tous ses classiques. Pieter Goddaer est devenu Ozark Henry en rêvant dans sa chambre d'ado sur une carte des Etats-Unis aux Ozark Mountains, un plateau montagneux coincé entre le Nebraska et le Missouri, et en découvrant Junky, le premier livre publié de W.S. Burroughs, l'écrivain américain sulfureux de la Beat génération, dont un des protagonistes se prénomme Henry.

 

Et là, Piet-Ozark, le pionnier,  s'est donné un nouveau défi : être un des premiers musiciens à utiliser un nouveau mode d'enregistrement : la 3D. Il y a eu le phonographe, la mono, la stéréo, le hi-fi, le surround : désormais, il est possible de placer l'auditeur au centre de l'expérience musicale, en sculptant le son comme on le ferai d'un objet. "Paramount", le dernier album avec l'Orchestre, a été enregistré avec cette technique bluffante. Ozark Henry se construit à Oostduinkerke, à quelques kilomètres de la mer, un studio 3D dernier cri pour y enregistrer ses prochains morceaux et y inviter d'autres musiciens intéressés à dépasser ce nouveau mur du son.

 

Et c'est là que dans son TOUT LE BAZ'ART Ozark Henry accueille Hadja Lahbib : à Oostduinkerke sur le chantier de son futur bijou de studio 3D avec son concepteur Peter Hinssen.  Sur la plage, ils s'asseyent pour une leçon de philosophie avec Etienne Vermeersch, le penseur de l'information. A Anvers, ils découvrent ensemble le nouvel espace d'exposition du peintre Sam Dillemans, le boxeur des toiles et des tubes, pour finir à Bruxelles, en notes en bulles, en dégustant en musique pour une expérience sensorielle inoubliable un verre de champagne Krug avec Maggie Henriquez, directrice de la célèbre maison champenoise.

Tout le Baz'Art : sur la Trois le jeudi 13/10, à 23h01