Nathalie Basteyns, Beau Séjour

TOUT LE BAZ'ART de Nathalie Basteyns
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TOUT LE BAZ'ART de Nathalie Basteyns - © TOUT LE BAZ'ART

Après "La trêve" et "Ennemi public", "Beau Séjour" est la troisième série belge à cartonner à l'international, inscrivant définitivement la Belgique, après le Danemark dans les "petits pays" de la sériemania. Ecrite et réalisée à l'origine pour la VRT, elle a été diffusée en France et en Allemagne via Arte, elle sera bientôt disponible sur Netflix et il est question d'en tourner un remake aux States. Réalisée par Nathalie Basteyns et Kaat Beels, en couple dans la vie comme derrière les caméra, la série frappe par son originalité et le soin de sa réalisation : à cheval entre le policier et le surnaturel, "Beau Séjour" raconte l'histoire de Kato, une jeune fille qui enquête sur sa propre mort, dans le milieu très fermé d'un village limbourgeois en bord de Meuse. Les images ont été filmées l'hiver, dans le brouillard et le vert-de-gris, l'ambiance est glauque et blafarde ; seules touches de couleur : l'enseigne rouge-sang de l'hôtel du coin, l'hôtel Beau Séjour, et le sweat à capuche jaune de la revenante. Les dialogues, en patois campinois, donnent une touche très locale à l'ensemble, mais la série, toute en finesse, pose d'épisode en épisode des questions existentielles, quasi métaphysiques, et accède ainsi à l'universel. Le public ne s'y est pas trompé : plus d'un million et de mi de spectateurs rien qu'en Flandre.

Dans une autre vie, Nathalie Basteyns était reporter pour la télévision : elle a travaillé pour la VRT, VTM et TV-Brussel, elle a réalisé des reportages aux quatre coins du monde, surtout en Asie, au Népal, au Japon ; elle s'est prise de passion pour l'architecture : "La maison du fada", un de ses sujets marquants pour le programme "De wereld van Tarantino" sur la chaîne Canvas de la VRT se déroule à Marseille, autour de la Cité radieuse de Le Corbusier ; toujours en mouvement, toujours à l'affût du bon sujet, elle sautait d'un avion à l'autre.

Il y a cinq ans, la sclérose en plaques lui a fait perdre l'usage de ses jambes et l'a clouée sur un fauteuil roulant. Sans coup férir, elle est passée du reportage documentaire, devenu inaccessible, à la fiction. Avec Kaat, elle signe deux séries pour VTM, "Jes" et "Clan" avant de se lancer dans l'écriture de "Beau Séjour", dont l'idée lui a été soufflée par son père qui séjournait enfant dans cet hôtel bucolique sur les rives de la Meuse.

Willy Basteyns, décédé en 2013, était un acteur célèbre en Flandre pour avoir joué dans un feuilleton télévisé à succès " Het geslacht van de Pauw ". Nathalie avait déjà filmé son père dans son premier film " De kus ", le baiser, un court-métrage primé dans de nombreux festivals : à la recherche du baiser parfait, toujours insatisfaite, elle le trouvait finalement entre son père et sa mère le jour de leur mariage.

Et c'est toujours de son père qu'il s'agit, dans son premier long-métrage, "Façades" qu'elle réalise avec Kaat, qui est entré en stade de finition pour une sortie l'année prochaine : l'histoire d'un homme, atteint de la maladie d'Alzeimer, que sa fille rejoint après que sa femme l'ait quitté,  un huis-clos familial et intense porté par deux acteurs exceptionnels, le vétéran flamand exilé à Paris Johan Leysen et la jeune pousse bourrée de talent Natali Broods.

Dans son Tout le Baz'Art, Nathalie accueille Hadja Lahbib chez elle, au Brusilia, le gratte-ciel de Schaerbeek, avec l'architecte Franck de Groeve, qui a totalement transformé son appartement. A la Taverne du passage, dans les galeries de la Reine, elles boivent un verre avec Johan Leysen, le comédien, et le scénariste Jan Pepermans. Et après une séance de travail au studio Sonicville avec l'ingé-son Geerd Janssens et sa co-réalisatrice Kaat Beels, elles filent à Anvers à la clinique neurologique TrainM, avec son initiatrice Niazi Nilofar.

 

TOUT LE BAZ'ART de Nathalie Basteyns

ARTE, dimanche 18 juin, 17h35

LA TROIS, jeudi 22 juin, 22h20