Mustii, Bowie, Hamlet et les drag-queens

Tout le Baz'Art de Mustii
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Tout le Baz'Art de Mustii - © Tout le Baz'Art

Il va bientôt sortir en ce prochain printemps : le deuxième album de Mustii est quasi prêt, mais comme il est d’usage, sa maison de disques laisse planer le plus grand mystère sur son contenu...

 

Tout ce que l’on sait, c’est qu’il y travaille depuis plus de deux ans, qu’il sera très électrique, éclectique aussi avec d’autres musiciens, des hôtes très éloignés de son propre univers à qui il a voulu se confronter ; comme en augure "Time is up", un titre sorti en octobre 2020 avec John, Ari et Timmo du trio "Brut". L’album à venir au titre secret et bien gardé , sera un "album concept" - on disait ça au siècle dernier, du temps de Yes, de Genesis ou de David Bowie - un fil reliera toutes les compositions, celui du destin tragique de son oncle schizophrène auquel Mustii était très attaché.

Le fil qui brode tous les titres d’un album, c’était déjà le principe de son premier opus, avec l’idée du journal intime d’un jeune face à la tuerie de son double, inspiré du film "Elephant" de Gus Van Sant et de la tuerie de Columbine, où en 1999 dans une école du Colorado, deux adolescents lourdement armés ont fusillé leurs camarades et leurs professeurs, laissant treize morts et vingt-quatre blessés sur le tarmac de la cour de récré du lycée.  Sorti en octobre 2018 "21st Century Boy" avait fait sensation - en dépit ou plutôt grâce à ce thème dramatique et impensable - par la délicatesse de ses compositions, la force de ses textes et la puissance de sa voix, qui ont projeté Mustii sur le devant de la scène pop belge, lui ont valu un D6bels Music Award de la révélation 2016 et électrisé les planches et les tréteaux de toutes les salles et tous les festivals qui comptent, suivi par un public aux anges.

Etrange que pour ce millénial, né Thomas Mustin à Bruxelles en 1990, qui a prêté sa voix à "Heroes", la voie à suivre soit celle de David Bowie, sa musique des seventies, ses paillettes glam-rock, et ses multiples métamorphoses : comme Ziggy Stardust pour Bowie, Mustii est le double de Thomas Mustin, son "lui à la loupe" comme il le dit lui-même.

Et à voir ce Mustii là sur scène, survolté, bondissant, se jetant dans la foule en chantant, tandis qu’éclatent les feux d’artifice et les fumigènes, on a peine à croire que ce beau blond, ce chérubin au sourire ravageur, avec ses dents du bonheur et son regard de feu est un vrai rescapé, le rescapé d’une timidité extrême et quasi maladive. En l’inscrivant, comme en thérapie, à l’âge sept ans à un cours de théâtre pour enfant, ses parents l’ont mis au défi et miracle, il n’a plus rêvé depuis que de planches, de rôles et de costumes. 

Trente ans plus tard, face à son crâne, Thomas Mustin joue Hamlet et se fait  prince des séries, en Belgique, en France , en Allemagne, sous les yeux avides des caméras et des projecteurs ; et quand l’envie lui prend il se rêve en Suzy,  pour un clip et la chanson "What a day", le drag-queen qui se protège des yeux du monde, cet autre double de lui-même qui ne déteste pas s’offrir un dernier verre au cabaret "Mademoiselle" à la santé des  effeuilleuses burlesques, des chantonneurs au bord du gouffre, et des drag-queens qui se déguisent en vrai pour son plus grand bonheur.

En pratique

Dimanche 17 janvier, 18h00, ARTE-Belgique

Mercredi 20 janvier, 23h45, La Une

Samedi 23 janvier, 16h10, La Une

Jeudi 28 janvier 23h20, La Une