Jean-Paul Lespagnard, "learning by doing"

TOUT LE BAZ'ART de Jean-Paul Lespagnard
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TOUT LE BAZ'ART de Jean-Paul Lespagnard - © TOUT LE BAZ'ART

Est-ce que parce que son père était camionneur? Est-ce que parce qu'il rêvait d'une machine à coudre à la Saint-Nicolas? Est-ce que parce qu'à Harzé, petit village des Ardennes liégeoises, il n' avait rien d'autre à faire que de tailler des corsets pour ses soeurs dans le caoutchouc des  chambres à air qui trainaient dans le garage? Qui a donné au styliste Jean-Paul Lespagnard ce grain de folie, cette fantaisie, cette liberté qui détonne dans le cercle très balisé des créateurs de mode?

Son parcours n'est pas banal et totalement atypique : il n'a pas fait La Cambre, il n'a pas fait l'Académie d'Anvers, mais il a toujours voulu faire ça. Et ça, il l'a fait par la bande, à Saint-Luc à Liège, puis en cours du soir à Château-Massart, "aux classes moyennes" comme on dit là-bas, puis il a suivi son instinct : "learning by doing", c'est sa devise, "apprendre en faisant". Ainsi, à New-York, puis Bruxelles dans le quartier Sainte-Catherine avec Annemie Verbeke, sa marraine de mode avec qui il travaille quelques années. Mais son rêve est de créer sa propre maison. L'occasion viendra en 2008 : au prestigieux festival d'Hyères sur la Côte d'Azur il montre une collection qui fait sensation.

Pour financer sa participation, il s'est souvenu de son job d'étudiant quand il étudiait à Liège : il dansait le samedi soir pour créer l'ambiance au dancing Olympia, à Remouchamps, à deux pas de chez lui, et donc il a dansé dans les boîtes à Bruxelles, à Anvers, Ibiza, avec juste une idée en tête : sa collection baraque à frites...

Pièce après pièce, mannequin après mannequin, son défilé racontait l'histoire de Jacqueline, vendeuse de frites, partie au Texas pour rencontrer l'amour et... Sylvester Stallone. Il remporte le prix du public, il est cité dans toutes les revues, la marque de prêt-à-porter 1-2-3 et sa chaîne de boutiques présente ses créations en vitrine, c'est parti!

C'est parti et depuis, dans tous ses défilés, Jean-Paul Lespagnard suivra la même ligne : raconter une histoire en superposant les styles, créant toujours la surprise et l'évènement : Paris, New-York, Tokyo, il est demandé partout, mais cela ne lui suffit pas.

Désormais installé dans son studio près de la Gare du midi à Bruxelles, il multiplie les collaborations : avec des marques, les chocolats Galler, les voitures Jaguar; des artistes du show-bizz, Yelle, Alice on the roof; il crée les costumes de scène du chanteur Nicola Testa avec les artistes handicapés mentaux du Créahm; il travaille pour la scène avec le danseur Damien Jalet, il crée les costumes de trois de ses chorégraphies : " Yama ", " Inked " et " Thr(o)ugh ".

"Nourrir et être nourri", voilà sa nécessité, ce qui guide ses choix, ce qui le fait avancer : l'échange artistique, la liberté, le décalage.

Depuis son studio de Bruxelles, dans son Tout le Baz'Art, Jean-Paul Lespagnard emmène Hadja Lahbib à Liège, au Créahm, où il travaille avec les artistes différenciés Samuel Carriaux et Michel Petiniot; puis à Anvers, chez le styliste Christian Wijnants pour parler boutique, et au Singel, pour une rencoontre avec Damien Jalet en pleine répétition.

 

TOUT LE BAZ'ART de Jean-Paul Lespagnard

ARTE : dimanche 19 juin, 17h00

LA TROIS : mardi 28 juin, 22h50