Décès de Toots Thielemans - "Ce grand musicien du monde est resté un Brusseleir" (Henri Vandenberghe)

Toots Thielemans en concert
Toots Thielemans en concert - © BELGIANPRIMEMINISTER

Henri Vandenberghe, directeur du festival Brosella Folk & Jazz, et Jean Demannez, représentant du festival annuel Saint-Jazz-ten-Noode, retiennent de Toots Thielemans son humanité et son humilité. Le jazzman à la renommée mondiale est décédé ce lundi à l'âge de 94 ans.

Parrain du festival Brosella depuis 1986, Toots Thielemans a joué le premier concert du festival en 1987. Il est alors venu avec Philip Catherine, qu'il a fait revenir plus tôt de vacances pour l'occasion. Depuis lors, Toots Thielemans a joué tous les cinq ans au festival, à l'exception de l'édition de cette année.

Henri Vandenberghe raconte que le virtuose de l'harmonica venait chaque fois avec quelque chose de nouveau, "un cadeau au public, un cadeau à la musique". "Il avait une chaleur humaine qu'on trouve rarement à ce point-là chez les grands musiciens. Quand il montait sur scène, il disait bonjour à tout le monde et on entendait courir une souris. Tout le monde écoutait. Il avait ce charisme, cette approche, ce respect vis-à-vis de son public. Il a d'ailleurs arrêté de jouer il y a quelques années par respect pour lui-même, par respect pour le public, par respect pour les organisateurs, parce qu'il n'était plus sûr de donner la qualité minimale pour lui. C'est quelqu'un qui a continué à chercher jusqu'à son dernier concert quelles notes étaient de trop dans sa musique". "Ce grand musicien du monde est resté un Brusseleir, avec les pieds sur terre", affirme-t-il.

Nationalisé aux Etats-Unis, Toots Thielemans, qui a grandi dans le quartier populaire des Marolles à Bruxelles, a conservé la double nationalité et a vécu ses dernières années à la Hulpe.

Jean Demannez l'a connu à 18 ans dans le club de jazz "le Blue note", dans la galerie des Princes, où il jouait encore de la guitare avec Philip Catherine. Il est venu deux fois au festival Saint-Jazz-ten-Noode. "Son harmonica ne le quittait pas et il jouait à chaque fois qu'il pouvait sa chanson fétiche 'Ne me quitte pas' de Jacques Brel", se rappelle Jean Demannez. "Il acceptait facilement les cérémonies, les mariages, parce qu'il était un homme de contact et de convivialité, comme tout bon Bruxellois qui se respecte. C'était aussi un homme de caractère qui, quand il avait une idée derrière la tête, la menait très loin. C'était une personnalité forte. Il avait accepté de venir au Saint-Jazz-ten-Noode, parce que c'est un festival très proche des gens. Il aimait les contacts directs avec le public".

 


Belga