Trente autres albums à mettre au pied du sapin

Rembrandt, de Typex, Casterman
31 images
Rembrandt, de Typex, Casterman - © DR

Une deuxième liste d’incontournables déclinés par genre et décrits en moins de 180 caractères chacun. Tout en bas, mes cinq préférés de l’année. Toutes les couvertures sont dans le diaporama.

 

Chronique sociale :

-Trashed, de Derf Backderf, Çà & Là

Deux losers intègrent le service de ramassage d’immondices de leur bout d’Amérique. Ils découvrent l’envers du décor, le gaspillage généralisé, les passe-droits et tout le reste.

 

-Alcoolique, de J. Ames & D. Haspiel, Monsieur Toussaint Louverture

Le meilleur roman graphique sur l’alcoolisme depuis Amères Saisons d’Étienne Schréder. Sujet universel, angle d’attaque original, traitement subtil et objet soigné. Très soigné.

Chronique sentimentale et autofiction :

-Paul dans le Nord, de Rabagliati, La Pastèque.

Le retour du plus connu des héros québécois dans une aventure adolescente, entre tourments et excès. La partition est toujours aussi parfaitement exécutée. Accent inclus.

 

-De beaux moments, de Jim, chez Grand Angle, Bamboo

Une succession de petits moments de vie sous forme de nouvelles très courtes mais d’une incroyable justesse. On s’y reconnaît toujours à un moment ou un autre. Millimétré !

 

-Facteur pour femmes, de D. Quellat-Guyot & S. Morice, Grand Angle, Bamboo.

1914. Grâce à son pied-bot, Maël est le seul sur son île bretonne à éviter la mobilisation. Il est promu facteur et devient le chéri de ces dames. Touchant, sans être jamais mièvre.

 

-Ruines, de Peter Kuper, Ça et Là

Sur les ruines de leur amour, mais aussi celles d’un Mexique en décomposition, deux Américains vont effectuer leur voyage initiatique. Dessin surprenant. Propos passionnant.

 

-Le piano oriental, de Zeina Abirached, Casterman

Jeu de miroir graphique, un livre qui nous parle de la double culture et de la double musicalité, l’orientale et l’occidentale. Quand la gravité est virevoltante et symphonique…

Autobiographie :

-Catharsis de Luz, Futuropolis

Après les attentats de Charlie Hebdo, Luz a eu besoin de retrouver l’essence du dessin. En résulte cette BD partagée entre fulgurances et errances. La sincérité à 24 carats.

 

-L’Arabe du futur N°2 de Riad Sattouf, Allary

En deux livres, Riad Sattouf a su passionner un public large à ces années syriennes et libyennes qui ont marqué son enfance. Entre livre d’histoire et autobio décalée. Universel.

 

-Carnet de santé foireuse, de Pozla, Delcourt.

Plongée dans les méandres de la douleur. L’auteur se voit diagnostiquer tardivement une maladie de Crohn. Il en profite pour dessiner ces carnets foutraques et très drôles.

Nouvelles séries :

-Le Maître d’armes, de Dorison & Parnotte, Dargaud

Quand deux duellistes se défient de loin en loin, on pense au cinéma. Mais quand Dorison y ajoute des ingrédients religieux et Parnotte sa touche graphique, c’est de la bombe !

 

-Undertaker, de Dorison & Meyer, Dargaud. (2 tomes parus)

Le héros de ce western : un croque-mort misanthrope, vénal, cynique et pourtant charismatique. Au dessin, Ralph Meyer paye son tribut à Blueberry de belle manière.

 

-Stern, de F. & J. Maffre, Dargaud

Encore un croque-mort héros de western. Mais celui-ci est plus proche du médecin légiste puis de l’enquêteur. Excellent scénario digne d’un Sherlock Holmes dans le Grand Ouest.

 

-Les beaux étés, de Zidrou et Lafebre, Dargaud

Nostalgie des vacances en famille d’antan et bon scénario; Zidrou a su trouver les ingrédients pour toutes les générations. Drôle, délassant, bien raconté et joliment dessiné.

Nouveaux talents :

-Roi Ours, de Mobidic, Delcourt

Partant de la mythologie mexicaine, une fable sensuelle, touffue et sauvage. Un dessin d’une belle grâce et d’une grande maturité. Des ingrédients rares pour un premier album.

 

-La Renarde, par Marine Blandin & Sébastien Chrisostome, Casterman.

Plus vraiment débutants mais avec très peu d’albums au compteur, voilà deux auteurs qui manient avec brio l’humour décalé. La Fontaine avec un coup dans l’aile. Follement drôle.

Récit historique :

-Rembrandt, de Typex, Casterman

Peintre génial, arrogant et dispendieux, amoureux souvent malchanceux, un Rembrandt qui paraît plus vrai que nature dans ce kaléidoscope flamboyant. Magnifiquement édité.

 

-Pocahontas, de Locatelli & Kournwsky, Sarbacane

À mille lieues de la légende construite par Walt Disney, un livre passionnant sur la véritable quête d’identité de cette Indienne occidentalisée qui n’a jamais trouvé sa place.

 

-L’Essai, de Nicolas Lebon, Dargaud

La première communauté anarchiste installée en France au début du XXe siècle, de ses débuts à sa mort en passant par son apogée. Passionnante page d’histoire oubliée.

 

-Kersten médecin d’Himmler (1&2), de Perna & Bedouel, Glénat

Le Docteur finlandais Kersten est le seul à pouvoir soigner les douleurs chroniques du nazi Himmler. Il va donc devoir côtoyer ce monstre. Se reniera-t-il pour autant ? Excellent.

 

-Mort au tsar (1&2), de Nury & Robin, Dargaud

En deux livres complémentaires et exécutés au cordeau, Nury et Robin racontent la fin du gouverneur de Moscou en 1905 et la chute annoncée d’un monde, celui des Romanov.

Roman graphique :

-Le sculpteur, de Scott McCloud, Rue de Sèvres

Et si un sculpteur raté qui a pourtant eu son heure de gloire précoce recevait LE don ? Qu’en ferait-il ? Cet épais roman explore en abyme rien moins que l’art lui-même.

 

-Tungstene, de Marcello Quintanilha, Çà & Là.

Un polar mené tambour battant dans lequel un flic, un ex-militaire, un dealer et une femme battue vont rencontrer leur destin sur une plage brésilienne. Construction impeccable.

 

-Le dernier Arpenteur des sables, de Jay Hosler chez Cambourakis

Quand un entomologiste entreprend de faire de la BD animalière, ça renouvelle le genre. Indiana Jones au pays des coléoptères, c’est un peu l’idée de cette belle et dense histoire.

 

-Les Intrus, d’Adrian Tomine, Cornélius

En fabuleux conteur des fêlures, Tomine raconte le basculement progressif des êtres. C’est parfois anxiogène. Mais c’est si bien décrit et dessiné avec tant d’élégance…

 

-Men of wrath, de Jason Aaron & Ron Garney, Urban Comics

L’histoire d’une lignée marquée par le meurtre. Supra-violent, un comic qui explore les ressorts du mal . Au bout du compte : l’expiation, la rédemption ou la damnation ?

 

-Southern Bastards (1&2), de Jason Aaron & Jason Latour, Urban Comics

Le même scénariste explore les mêmes racines du mal, mais pour le coup, dans le Sud américain dont il est originaire. Ça secoue ! Âmes sensibles, passez votre route.

Japonais :

-Cette ville te tuera, de Yoshihiro Tatsumi, Cornélius

Dès les années 60, Tastumi s’intéressait aux marginaux, à ceux que le Japon alors en plein boom recrachait sans ménagement. Un livre patrimonial éclairant et courageux.

 

-Le club des divorcés, de Kazuo, Kamimura, Kana

À l’aube des années 70, l’histoire d’une jeune divorcée qui tente de survivre en animant un club dans sa ville et en confiant son enfant à sa mère. Un des premiers manga féministes.

 

-Colère nucléaire, de Takashi Imashiro, Akata

Même si le traitement graphique n’est pas toujours à la hauteur, voici un livre dicté par la colère. Le premier manga post-Fukushima ouvertement consacré au nucléaire.

Mes cinq albums préférés, toutes catégories confondues :

-Vive la marée !, de Rabaté et Prudhomme, Futuropolis

 

-Le rapport de Brodeck, de Larcenet et Philippe Claudel, Dargaud

 

-Au-revoir là-haut, de Christian De Metter & Pierre Lemaître, Rue de Sèvres

 

-Rembrandt, de Typex, Casterman

 

-Tel qu’en lui-même enfin, de Killoffer, L’Association