Le spectacle "Final Cut" sur Auvio : Myriam Saduis répond à nos questions

Pendant très longtemps, je me disais que je ferais quelque chose avec mon histoire personnelle mais je ne savais pas très bien sous quelle forme. Et puis ça posait des questions : en quoi raconter quelque chose de personnel peut toucher les autres ? C’est quand même ça l’idée ! Je n’avais pas besoin de raconter ma vie sur un plateau. Ça relevait plutôt du sentiment de chercher comment articuler cela avec quelque chose de plus vaste.

Myriam Saduis

 

À l’occasion de la diffusion de la captation de Final Cut (Prix MAETERLINCK 2019 Belgique : meilleur spectacle et meilleure actrice) sur Auvio dans le cadre du plan #Restart, Myriam Saduis a répondu à nos questions au cours d’un entretien.

Final Cut a été créé en novembre 2018, au Théâtre Océan Nord à Bruxelles, dans le cadre du Festival Mouvements d’identité initié par Isabelle Pousseur, directrice du théâtre.
De nouvelles dates de représentation devaient avoir lieu mais ont été annulées en raison de la pandémie de Covid-19. Pour soutenir le secteur culturel, la RTBF s’associe avec le Ministère de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles et propose de visionner la pièce en ligne ainsi qu’une cinquantaine d’autres captations dont les dates de représentation ont été également annulées.

 

Entretien avec Myriam Saduis, autrice, metteure en scène et comédienne formée à la clinique psychanalytique.

 

Bonjour Myriam Saduis, comment allez-vous en ce contexte compliqué et comment avez-vous accueilli l’initiative de la RTBF et du Ministère de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles ?

C’est une période difficile car depuis le mois de mars, une trentaine de dates de Final Cut ont été annulées et reportées. Concernant ce projet, je trouve qu’il s’agit d’une excellente initiative même si, pour moi comme pour probablement beaucoup de gens, une captation ne pourra jamais remplacer l’expérience partagée et vivante. Cela dit, c’est quand même une façon de permettre une autre forme de rencontre avec des spectatrices, des spectateurs. Par ailleurs, cette captation nous fait un très bel outil de diffusion puisque les programmateurs ne se déplacent plus en raison de la pandémie, c’est donc précieux. Pour le tournage de Final Cut, nous avons eu la chance de pouvoir l’effectuer dans des conditions formidables car c’est le vidéaste Joachim Thôme qui l’a réalisé. Joachim a fait la création vidéo pour la version scène de la pièce, il connaissait donc le spectacle par cœur et son travail, et celui de toute son équipe, mettent vraiment en valeur le récit.

Avez-vous dû vous adapter face à la caméra ?

On a répété pendant deux jours avant la captation, on a retravaillé les lumières et on a fait des essais pour cibler la façon dont on allait filmer. Dans Final Cut il y a une adresse très personnelle aux spectateurs, on s’est rendu compte que ça passait bien à l’écran. La captation est fidèle à la façon dont nous avons conçu et pensé le récit.

Final Cut est un projet construit autour de votre histoire familiale et qui met notamment en lien l’Histoire avec votre histoire intime…

C’est effectivement une histoire biographique : l’histoire de ma famille est mise en lien avec la colonisation française en Afrique du Nord. Mon père était tunisien, ma mère était italienne, née en Tunisie où sa famille s’était installée au début du protectorat français. Mes parents se sont rencontrés juste avant l’indépendance. Leur amour a été en butte au racisme de ma famille maternelle. En 1958, deux ans après l’indépendance, mes grands-parents maternels ont quitté la Tunisie pour la France en emmenant ma mère – encore mineure – avec eux. Mais celle-ci s’enfuit pour rejoindre mon père en Tunisie et l’épouser. Mes parents arrivent dans la métropole trois ans plus tard, quelques jours après le massacre du 17 octobre 1961… Tout un contexte donc.

A l’âge de trois ans, mes parents se séparent. Je ne reverrai jamais mon père Final Cut est construit comme une enquête qui commence très jeune puis trouve une cristallisation au moment du décès de ma mère. Transparaît alors toute une série de non-dits, de tabous familiaux, de secrets de famille autour desquels j’enquêtais depuis toujours et qui me conduisent en Tunisie pour la toute première fois, j’accède enfin à toute une série de choses que ma mère avait cachées de son vivant.

►►►lire aussi la critique de Christian Jade en juillet 2019

Suite de l'entretien après la vidéo

 

Controverse autour de la pose d’une plaque commémorative par la Mairie de Paris en 2001

A la mémoire des nombreux Algériens tués lors de la sanglante répression de la manifestation pacifique du 17 octobre 1961

Extrait du JT de la RTBF du 17 octobre 2001

 

Pourquoi un titre en anglais alors que c’est un spectacle en langue française où on entend de l’arabe (en voix off) et où vous parlez aussi l’italien ?

Car il se réfère à un terme de montage qui est très connu : " avoir le final cut ". C’est-à-dire décider comment, et à partir de quoi, une histoire sera racontée. C’est le moment où le film de notre vie est fait, en tout cas au sortir de l’enfance et de l’adolescence. A ce moment-là, la marge de manœuvre est étroite, on ne peut pas recommencer un nouveau film, mais on peut faire un autre montage, réarticuler les évènements, poser un nouveau regard. Le choix de ce titre, c’est aussi l’idée de reprendre la main sur ce qui nous arrive, reconstruire.

Justement, quand votre histoire est-elle devenue un récit capable d’être partagé, mis en forme ? Quand vous êtes-vous dit : ça, je peux en faire un spectacle ?

Ça a été un très long chemin… Pendant très longtemps, je me disais que je ferais quelque chose avec mon histoire personnelle mais je ne savais pas très bien sous quelle forme. Et puis ça posait des questions : en quoi raconter quelque chose de personnel peut toucher les autres ? C’est quand même ça l’idée ! Je n’ai pas besoin de raconter ma vie sur un plateau. Ça relevait plutôt du sentiment justement de chercher comment articuler cela avec quelque chose de plus vaste. Je dirais que c’est né en 2002, très exactement quand Jean-Marie Le Pen est arrivé au second tour des élections présidentielles en France. Là, j’ai réalisé que le racisme que j’avais subi enfant – un racisme intrafamilial – était peut-être quelque chose d’important à dire. J’ai pensé que cela pourrait aider des gens si je racontais ce combat personnel, une façon d’assumer cet héritage double. Même si j’ai une éducation – du fait de mon histoire personnelle – qui est tout à fait européenne, j’ai vraiment une identité multiple. J’aime beaucoup une expression employée par Edward Said, un intellectuel palestinien – et grand militant de la cause palestinienne – qui a passé une grande partie de son enfance au Caire, au Liban, puis a fait ses études aux Etats-Unis et est devenu professeur de littérature comparée à l’Université Columbia de New-York. Il décrivait son parcours en se qualifiant comme out of place, littéralement " pas à la bonne place ". Le but n’est pas de se chercher une identité fixe mais plutôt d’assumer le fait qu’on est toujours en mouvement. D’ailleurs ça ne concerne pas uniquement les gens qui ont des origines multiples dans leur histoire, je pense que ça concerne tout le monde. Dès qu’on est assigné à quelque chose de fixe, on est perdu. Dans cette idée d’un flottement permanent à assumer, je sentais qu’il y avait quelque chose qui rejoignait des préoccupations qui dépassaient mon histoire. Il restait à trouver la focale. Comment raconter cette histoire pour qu’elle puisse devenir universelle ? C’est là qu’Isabelle Pousseur, la directrice du Théâtre Océan Nord (et coproductrice de Final Cut) qui connaissait ce projet, a initié le festival Mouvements d’identité et m’a convaincue " d’y aller ".
Le point commun des trois spectacles du festival était qu’ils racontaient une histoire personnelle en la joignant à la grande Histoire. Cette proposition m’a semblé juste. C’est de là qu’est né Final Cut.

Dans Final Cut, vous racontez également les séquelles laissées par une mère envahissante qui décide de tout : de l’interdiction d’évoquer votre père à celle de parler italien, du choix de vos vêtements à celui de faire franciser votre nom… La petite fille puis l’adolescente que vous étiez se réfugie dans la lecture. Dans le spectacle il est fait énormément référence à Marguerite Duras et en particulier au Ravissement de Lol V. Stein, mais le livre que vous avez sur scène c’est Jane Eyre

Jane Eyre était un de mes romans préférés. Je l’ai lu très jeune et il m’a beaucoup accompagnée. L’héroïne de Charlotte Brontë est une jeune fille solitaire, orpheline, qui cherche à s’assumer seule en travaillant comme préceptrice. Elle tombe alors sous le charme de son employeur, M. Rochester, mais cet amour va être cassé par le fait qu’il y a une femme folle cachée et enfermée dans la maison. Cette femme n’est autre que l’épouse de Rochester… J’étais fascinée par cette histoire, par le secret de cette folie, sans doute parce que j’avais l’intuition, même opaque, de la maladie de ma mère… Puisque ma mère, comme je le raconte dans le spectacle, était paranoïaque. Jane Eyre m’accompagne sur le plateau car c’est le personnage que j’ai rencontré dans la littérature qui se construisait, comme moi, à partir d’une folie cachée.

Votre mère termine tragiquement ses jours à l’hôpital psychiatrique de Sainte-Anne, à Paris, après une errance de plusieurs jours. A l’annonce de son décès, vous vous rendez à l’hôpital où vous avez une discussion avec son médecin (interprété par Pierre Verplancken). Selon lui, une crise d’une telle ampleur a forcément dû être précédée de signes avant-coureurs… On entend alors que votre mère " vous voyait à la télévision en compagnie de l’ayatollah Khomeiny en train de renverser le Shah d’Iran. " C’est-à-dire que le politique, l’Histoire, interviennent jusque dans le délire paranoïaque ?

Oui bien sûr. En fait le délire, pour le dire comme Freud, c’est quelque chose de très logique, de très méticuleux. Les gens qui délirent ne disent pas du tout n’importe quoi. Le délire est une tentative d’insuffler une logique dans quelque chose d’incompréhensible qu’ils vivent.

Ma mère était une femme extrêmement politisée. Quand elle avait des crises, qu’elle interprétait ou qu’elle voyait des signes de malveillance, c’était toujours articulé autour de la politique. Dans la réalité, elle a été littéralement persécutée, dans les faits, en raison de son amour pour mon père, car il était tunisien. Non seulement elle est tombée amoureuse d’un Arabe mais en plus elle a fait le choix d’épouser – au moment de l’indépendance – celui que sa famille considérait comme " l’indigène ". Il y avait un contexte politique. Quand elle me " voit " avec l’ayatollah Khomeini à la télévision, c’est évidemment totalement délirant, cependant, d’une certaine manière, elle me voit associée à des musulmans en train de renverser un Empire. Elle revit là quelque chose qu’elle a elle-même vécu et avec lequel elle n’est plus en contact conscient. C’est mon interprétation en tout cas.

La francisation qu’elle a opérée sur mon nom, le nom du père, fait apparaître quelque chose de très violent. Dans le spectacle, je lis un extrait de la loi du 25 octobre 1972. C’est quand même écrit en toutes lettres dans la Loi que la transformation d’un nom est considérée comme, je cite : " légitime lorsque le nom a une apparence, une origine ou une consonance étrangère dans un souci de meilleure intégration dans la communauté nationale ".
Je me souviens très bien d’une phrase que ma mère disait : " Je veux que tu sois libre de faire ce que tu veux, et avec ce nom tu ne seras pas libre "
On peut dire que ma mère saisissait là quelque chose de très réel : une forme de paranoïa de l’Etat français à ce moment-là. Et la paranoïa c’est aussi l’expression d’une très grande fragilité. Que dit un pays de lui-même, de son identité en déclarant qu’il est légitime d’abraser un nom pour faire partie d’une communauté ? Il ne dit que son extrême fragilité à accueillir l’autre, il dit sa difficulté à recevoir… Dans tous les sens du terme. La Loi est toujours en vigueur aujourd’hui.

Dans le spectacle, vous chantez beaucoup de tubes de l’époque comme la musique de Michel Legrand dans Les Parapluies de Cherbourg, Barbara, …, pourquoi ces références ?

Ma mère et moi on parlait en chansons. Ma mère chantait très bien et dans les moments où elle chantait, j’avais l’impression qu’elle disait des choses secrètes. Elle aimait beaucoup chanter les chansons d’amours perdus : Barbara, Aznavour, Brel…
Les Parapluies de Cherbourg, c’est le premier film sur la guerre d’Algérie.
Un couple d’amoureux, Guy et Geneviève (Nino Castelnuovo et Catherine Deneuve) qui souhaitent se marier sont séparés car Guy est appelé pour partir faire la guerre en Algérie. De leur amour naît une petite fille qui ne connaîtra jamais son père. Quand j’ai vu ce film, vers neuf ou dix ans, j’étais totalement identifiée à cette histoire. J’avais cette intuition que quelque chose se jouait là, qui me concernait moi. Dans le film il y a aussi la mère de Geneviève (Anne Vernon) qui refuse ce mariage. J’avais quand même conscience que mes grands-parents, eux aussi, étaient très hostiles à mon père donc ça m’évoquait des choses. Dans la dernière scène des Parapluies de Cherbourg, Geneviève demande au père s’il veut voir sa fille, qui est dans la voiture, et le père fait non de la tête.
A ce moment-là, j’ai été foudroyée d’horreur. C’était quelque chose que je n’avais jamais imaginé : qu’on pourrait demander à mon père s’il voulait me voir et qu’il dise non. On comprend alors qu’ils ne se verront plus et que cette petite fille va grandir sans connaître son père.
Dans ce dernier plan, la caméra s’élève et on entend la musique finale. A ce moment-là je capte – dans ce mouvement de caméra – sans vraiment le formaliser, que quelqu’un d’autre est là. Quelqu’un qui raconte l’histoire. J’y vois comme une issue : ne pas être celle qui subit l’histoire mais celui ou celle qui s’élève, et qui raconte.

Il y aurait donc un pouvoir dans le fait de raconter une histoire… Est-ce que pour vous le théâtre est un acte politique ?

Il est politique au sens profond et pas idéologique du terme, c’est-à-dire qu’il permet une émancipation. On peut faire un spectacle sur l’exil et ne pas du tout faire un spectacle politique, tout comme on peut monter Shakespeare et faire un spectacle très politique. On n’est donc pas du tout dans le registre de l’idéologie mais bien dans celui de l’émancipation, d’un éveil. Tout ce qui peut éveiller la conscience, faire penser, est une action politique bien sûr, au sens profond et noble.

J’avais dans l’idée de poser un regard politique sur la structure de l’Histoire et non pas de faire un tribunal pour juger tout le monde. Je pense que c’est la force du spectacle et ce pour quoi les spectateurs lui ont fait un accueil immédiat et s’y reconnaissent. Final Cut tente d’éclairer ce qui s’est passé. Pourquoi des gens qui m’aimaient ont rejeté en moi quelque chose qui venait de mon origine, de mon père ? Car mon père était quelqu’un qui ne faisait pas partie pour eux de leur monde, un monde de dominants ! Comme le dit Edward Said, le racisme est structurel à la colonisation. Comment coloniser un peuple si on n’organise pas le racisme ? D’ailleurs il y a eu tout un mouvement de psychiatrie coloniale dans les années 30 où son inventeur, Antoine Porot, déclare par exemple que les Algériens n’ont pas de cortex cérébral – Ce sont ses mots – C’est-à-dire qu’il y a un corpus soi-disant scientifique, qui est juste délirant, qui a pour vocation de créer une infériorité des colonisés ! Mes grands-parents et mes arrière-grands-parents boivent ce racisme qui est construit structurellement par les colonisateurs.
Il n’y a pas d’impérialisme possible sans ça. L’écrivain et essayiste Albert Memmi, Juif tunisien décédé en mai 2020, décrit bien cette structuration en classes sociales et en classes racisées dans un très beau livre qui s’intitule Portrait du colonisé, Portrait du colonisateur. Il y montre que les Italiens, les Juifs, les Maltais, les Grecs forment une construction au-dessus de laquelle il y a l’Empire français. Les Italiens ont l’avantage de partager une même religion avec les Français, puis viennent les Grecs, les Juifs, et enfin les indigènes, mais au fond, tous sont en dessous dans cette organisation.
Ils participent à cela car il y a une absence totale de pensée.

Aujourd’hui encore, il y a une occultation de la colonisation. Souvenez-vous, lorsqu’Emmanuel Macron était candidat à la présidentielle de 2017, il a qualifié la colonisation de " crime contre l’humanité ". Il a reçu immédiatement une volée de bois vert. Macron a d’ailleurs reculé sur ce sujet depuis, même s’il a tout de même décidé d’ouvrir les archives de la guerre d’Algérie.
Cela montre bien que nous sommes toujours dans ce déni, ce silence, et je ne veux pas en être.

Peu de temps après le décès de votre mère, vous découvrez chez elle une enveloppe sur laquelle est inscrit " Père de Myriam ". Celle-ci contient des lettres de votre famille paternelle qui vous sont adressées. Vous décidez de vous rendre en Tunisie pour les rencontrer et aller sur la tombe de votre père. A cette occasion, votre famille vous donne des photos de lui. A votre retour à Bruxelles, lors d’une séance avec votre psychanalyste, celui-ci vous fait une demande que vous trouvez un peu incongrue… Celle de rapporter à la prochaine séance une photo de vos parents. La pièce se clôture alors sur une photo de vos parents jeunes, sur le pont d’un bateau, souriants. Pourquoi cette fin ?

J’avais cette photo qui est toute petite dans la réalité et dont le vidéaste a fait un scan très puissant. Je n’étais pas sûre d’utiliser cette image qui est une image intime. Comme je faisais la mise en scène, que je jouais et j’écrivais, j’avais quand même trois collaborateurs artistiques pour m’aider à faire le montage (Isabelle Pousseur, Magali Pinglaut et Jean-Baptiste Delcourt). En tant que premiers spectateurs, les membres de l’équipe m’ont fait part de leur envie – la même que celle du psychanalyste – de mettre enfin des visages sur tous ces mots. C’est une des raisons. Mais si on voit le plan tel qu’il se déroule, il se termine quand même sur le vide… Plus on essaie de s’approcher, moins on peut les atteindre. Tout d’un coup la caméra s’approche, raconte un mouvement que j’aurai fait toute ma vie : j’essaie de m’approcher pour comprendre, pour bien voir, et à un moment donné, systématiquement, quelque chose échappe. Mais ce vide c’est aussi le moment où on peut écrire… La pièce ne se termine donc pas sur le visage de mes parents mais par une page blanche sur laquelle on va pouvoir écrire, une fois qu’on a fait la paix avec son passé et qu’on le connaît – car on a le devoir de comprendre et de savoir d’où on vient pour ouvrir un nouveau chapitre : notre propre histoire.

Il y a quelque chose d’universel dans l’image d’un départ sur un port ; on voit ces deux êtres en train de quitter la Tunisie, pays où ma mère ne reviendra jamais. Ils partent d’une certaine manière vers une catastrophe sans le savoir, et en même temps ils sont très beaux et il y a ce rayonnement qui émane d’eux. On voit des gens heureux dans un moment de franchissement.
La traversée va commencer laissant la place à une nouvelle page… Une page que moi, leur fille, je me suis retrouvée à écrire.

 

Propos recueillis par Tania Markovic

La captation de Final Cut est à découvrir en streaming sur le site Auvio de la RTBF. Ce spectacle fait partie de la cinquantaine de captations en cours de réalisation par la RTBF et la Fédération Wallonie-Bruxelles pour soutenir le secteur du spectacle vivant, durement touché par les mesures gouvernementales prises pour endiguer la propagation du coronavirus.

 

Final Cut

 

Avec
Myriam Saduis et Pierre Verplancken

Conception et écriture Myriam Saduis
Collaboration à la mise en scène Isabelle Pousseur
Conseillers artistiques Magali Pinglaut et Jean-Baptiste Delcourt

Lumières Nicolas Marty
Création vidéo Joachim Thôme
Création sonore Jean-Luc Plouvier
(avec des extraits musicaux de Michel Legrand, Mick Jagger / Keith Richards, Amir ElSaffar)
Ingénieur du son et régisseur vidéo Florent Arsac
Mouvement Nancy Naous
Création des costumes Leila Boukhalfa
Collaboration à la dramaturgie Valérie Battaglia
Construction Virginie Strub
Maquillage et coiffure Katja Piepenstock