Le Grrrand Roman-Feuilleton de l'Automne : "Du Rififi à Germinnes", épisode 7

Qui tombera le premier dans l'escalade périlleuse menant au poste de bourgmestre de Germinnes ?
3 images
Qui tombera le premier dans l'escalade périlleuse menant au poste de bourgmestre de Germinnes ? - © Klaus Vedfelt - Getty Images

Résumé des épisodes précédents : la concurrence politique à Germinnes ne connaît aucun répit ! quand l’un des candidats bourgmestre ne fantasme pas sur un règlement de compte de gangster, l’autre tombe dans un complot de faussaire gribouilleur… Bref, c’est l’escalade !

Episode 7

Grégory Pietton avait réalisé lui-même, à main levée, le faux exemplaire des Bijoux de la Castafiore et – contemplant son travail – n’en était pas peu fier. Certes, il avait un peu raté la grande chanteuse d’opéra qui, sous son crayon, ressemblait à une célèbre ex-ministre de la santé. Par ailleurs, il avait malencontreusement – plus par maladresse que par distraction, dessiné un trident au lieu d’une ancre sur la casquette du Capitaine Haddock, mais cet idiot d’Amaury de la Battellerie n’y verrait que du feu car, comme tous les journalistes, c’était un crétin doublé d’un indélicat rustre.

L’échange du faux exemplaire de l’ex-libris, portant la signature forgée du défunt dessinateur de génie se fit dans les toilettes du 5 Guys de la Gare du Nord. Grégory portait une barbe postiche qui lui donnait des airs de Raspoutine alors qu’Amaury avait revêtu une discrète tenue de l’Ordre du Temple Solaire, avec chasuble et épée au côté. Tout se passa bien et Grégory ressortit de ce haut lieu de la gastronomie enrichi du numéro de téléphone cellulaire – du 06, en somme – de Déborah Destin, laquelle était une lointaine descendante de Jakie Quartz et de Julio Iglesias, ce qui ne nous rajeunit pas.

Sur ces entrefaites, Jacques Martin avait enfilé un petit kimono de Tonkin de soie délicate et s’ébrouait dans les vapeurs de patchouli de sa salle de bains achetée chez Cuisines Mailleux. Avant de passer le coup de fil déterminant à Déborah Destin, il veillait à entretenir sa voix en se gargarisant le fond de la gorge à l’aide d’une recette héritée de son vieil ami Hugues Dayéyés, critique de cinéma : 1/3 de vermouth, 1/3 de dentifrice à la menthe, 1/3 de jouvence de l’Abbé Souris et trois gouttes (ni plus ni moins) d’extrait de racine de Rathania. Secret essentiel pour garder une voix fraîche et marmoréenne tout au long de la journée.

De ses doigts bagués, Jacques Martin composa le numéro.

Dring. Driiiiing. Driiiiiiiing.

De l’autre côté de la frontière, dans son multiplex parisien avec vue sur la Gare de Montparnasse, Déborah Destin dévisagea le cadran de son mobilophone. "Mais, par exemple, quel est ce numéro que je ne connais pas ?"

la réponse sera dans la suite du feuilleton sous la plume d'Hugues Dayez, ce vendredi, à 14h

pour s'y retrouver en lisant les épisodes précédents


"Du rififi à Germinnes"est une tragédie politique au temps d’élections incertaines sur fond d’épidémie.

A raison de 4 épisodes par semaine, Camille De Rijck et Hugues Dayez ont décidé de mettre à profit le temps du confinement pour créer un feuilleton à lire, sous la forme d’un cadavre exquis. Rendez-vous les lundi, mardi, jeudi et vendredi à 14 heures sur le site RTBF Culture pour connaître la suite de leur récit rocambolesque.