Le Grrrand Roman-Feuilleton de l'Automne : "Du Rififi à Germinnes", épisode 5

Déborah Destin allait-elle sauver Germinnes ?
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Déborah Destin allait-elle sauver Germinnes ? - © Bim - Getty Images

Résumé des épisodes précédents : Rien ne va plus à Germinnes, le conflit entre les deux prétendants au titre de bourgmestre prend un tour dramatique que seule une jeune chanteuse du cru pourrait apaiser, car ne dit-on pas que la musique adoucit les mœurs..

Episode 5

"Oui, cher Miroslav, deux balles. Dans la nuque. Oui. Pour 7000 euros. En petites coupures. Très bien cher Miroslav. On se voit à la Garden Party la semaine prochaine. Bises à votre épouse !"

Willy était très satisfait, car l’un de ses assistants venait d’accepter la lourde charge de régler le dossier Déborah Destin pour une somme qui passerait sans problème dans le budget des fournitures de bureau de l’hôtel de ville. "C’est fou comme en additionnant deux ou trois gommes et un peu de papier buvard, on atteint vite 7000 euros", avoua Willy d’un air sardonique à Wilhelmine Mirpoix qui venait de ranger son Luger à embout scié, comprenant que la partie active de l’opération venait de lui échapper.

À 12h03, alors que la Lincoln venait de ralentir étrangement à 20km/h, trois coups de feu résonnèrent...

Sur la place du village, Jacques Martin avait organisé un grand raout au cours duquel Déborah Destin allait prendre la parole, faire état de sa préférence municipale pour le mouvement et entonner son plus grand air "L’amour ça rend heureux / j’en ai les larmes dans les yeux". Les Germinnois et les Germinnoises ne s’étaient pas déplacés en nombre, à cause de l’épidémie d’Oulan-Bator, en partie, mais aussi et surtout parce que les friteries avaient été fermées administrativement et qu’il n’y avait subséquemment plus vraiment de raison de sortir de chez soi.

Avant d’arriver à l’estrade, l’escorte de Déborah devait remonter Elm Street dans un Lincoln décapotable. Déborah portait un élégant tailleur rose de chez Channel avec une petite toque qu’elle avait vissée sur sa tête. A ses côtés, Grégory – le bon ami de Jacques – saluait la foule dans un austère costume taupe. Sur le siège avant, le gouverneur de la Province portait un Stetson et son épouse un petit bouquet de poinsettias à la main. À 12h03, alors que la Lincoln venait de ralentir étrangement à 20km/h, trois coups de feu résonnèrent depuis la Germinnes School Book Depositary, manquant de peu Déborah mais touchant Grégory et le gouverneur à plusieurs organes vitaux. Le tout fut filmé par Abraham Vander Zapruder sur sa caméra 8mm.

Depuis le beffroi de la ville, Willy observait la scène en buvant sa tisane aux orties. "Toutes ces conneries vont encore faire monter ma tension diastolique". Wilhelmine acquiesça d’un air de profonde compassion ; elle donna l’ordre par talkie-walkie à l’équipe B de se débarrasser de Miroslav qui venait de manquer sa cible, le gros étourdi : "Dites à Jacques Ruby d’aller le flinguer au commissariat".

Tout restait à faire.

la suite du feuilleton sous la plume d'Hugues Dayez demain mardi à 14h sur RTBF Culture


"Du rififi à Germinnes"est une tragédie politique au temps d’élections incertaines sur fond d’épidémie.

A raison de 4 épisodes par semaine, Camille De Rijck et Hugues Dayez ont décidé de mettre à profit le temps du confinement pour créer un feuilleton à lire, sous la forme d’un cadavre-exquis. Rendez-vous les lundi, mardi, jeudi et vendredi à 14h sur le site RTBF Culture pour connaître la suite de leur récit rocambolesque