Le Grrrand Roman-Feuilleton de l'Automne : "Du Rififi à Germinnes", épisode 12

Que va-t-il se passer à la gare du Midi ? Deborah Destin vient d'arriver à Bruxelles
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Que va-t-il se passer à la gare du Midi ? Deborah Destin vient d'arriver à Bruxelles - © Cavan Images - Getty Images/Cavan Images RF

Résumé des épisodes précédents : dans la tragédie politique au temps d’élections incertaines - sur fond d’épidémie, qui se joue à Germinnes, les deux prétendants au poste de bourgmestre se sont accommodés d'un compromis contre espèces sonnantes et trébuchantes, mais la fourberie n'est jamais bien loin quand les enjeux sont de cette importance..

Episode 12

Déborah Destin, trop légèrement vêtue, frissonnait en battant le pavé de l’inhospitalier quai Thalys de la Gare du Midi, lorsqu’elle vit accourir une grande femme, entre deux âges et entre deux poids, portant un écriteau "DEBORAH DESTIN".

- "Désolé pour mon retard, je viens rarement à Bruxelles et je me suis fait avoir par ces maudits embouteillages !" lui asséna Wilhemine Mirpoix, avant d’ajouter dans la foulée : "Jacques Martin vous présente ses excuses, il a été retenu par une réunion imprévue au collège communal. Mais il m’a chargée de vous conduire à votre hôtel à Germinnes, mademoiselle Destin… Heu, ce sont vos bagages ?"

Derrière la chanteuse, un lampiste de la SNCB poussait vaille que vaille un chariot débordant de valises bariolées, que même la maison Balenciaga, dans ses rêves les plus fous, n’aurait osé imaginer.

- "Oui, j’ai un contrat d’exclusivité avec un jeune styliste belge du Borinage : Pompillo. Sebastiano Pompillo" s’exclama enthousiaste Déborah. "Il utilise des matériels entièrement recyclés : regardez, ce beauty case, il est fait en pousses de bambous dégluties par le panda de Pairi Daiza"

- "Magnifique !" s’exclama Wilhelmine avec un sourire forcé, alors que l’odeur fétide de l’objet "tendance" lui donnait des haut-le-cœur…

Les deux femmes et le porteur de valises prirent le chemin du parking.

Pendant le trajet, la Mirpoix jubilait. En réalité, elle n’avait pas supporté que Willy Vertegenbroeck dilapide la caisse noire de l’administration communale pour offrir des nains de jardin à Jacques Martin et à son mignon. Et elle pressentait que cette opération de subordination était un coup dans l’eau : Willy s’était fait avoir, une fois de plus, et Martin et son âme damnée n’allaient certainement pas abandonner leur projet de faire main basse sur Germinnes.

Forte des informations qu’elle avait glanées avec ses écoutes téléphoniques, Wilhemine avait décidé de les prendre de cours et de s’accaparer, elle, Déborah Destin.

- "Vous ne me déposez pas à l’Hôtellerie du Mayeur ?" s’inquiéta Déborah, voyant la voiture de Mirpoix dépasser allègrement le seul hôtel 4 étoiles de Germinnes.

- "Hélas non ! Vu le virus d’Oulan Bator, l’établissement a dû fermer temporairement ses portes" répondit Wilhemine. "Mais ne vous inquiétez pas, je vous emmène vers un logis tout confort où vous serez bien tranquille, à l’abri des assauts de vos fans !"

L’échevine s’apprêtait à squatter sans vergogne la luxueuse villa de sa collègue Cindy Vandeplas, qui était bloquée à Malaga depuis trois semaines. Son agence de voyage avait fait faillite à cause de l’épidémie, et Cindy faisait partie des touristes belges malchanceux car "non prioritaires" qui attendaient un hypothétique retour en Belgique.

"Et c’est bien connu : le malheur des uns fait le bonheur des autres" ricana Wilhemine.

Que va donc imaginer Camille De Rijck pour poursuivre ce récit ? vous le découvrirez lundi à 14h

pour retrouver le fil de cette histoire en lisant les épisodes précédents


"Du rififi à Germinnes"est une tragédie politique au temps d’élections incertaines sur fond d’épidémie.

A raison de 4 épisodes par semaine, Camille De Rijck et Hugues Dayez ont décidé de mettre à profit le temps du confinement pour créer un feuilleton à lire, sous la forme d’un cadavre exquis. Rendez-vous les lundi, mardi, jeudi et vendredi à 14 heures sur le site RTBF Culture pour connaître la suite de leur récit rocambolesque.