Restaurateur de tableaux : "Nous devons rester humbles"

Dans son atelier, annexe au Grand Curtius à Liège, Christophe Remacle restaure depuis 2016 les tableaux des collections de la ville. Un travail minutieux au service du patrimoine.

Lentement, Christophe se penche sur un tableau aux nombreuses lacunes visibles. Sa tâche du moment, enlever les couches successives de vernis ancien, centimètre par centimètre, afin de retrouver la clarté de la toile.

Cela va me prendre énormément de temps mais au bout du compte, on va pouvoir redécouvrir les couleurs d’origine, mais aussi les jeux de perspective et de profondeur du tableau.

Christophe Remacle est restaurateur indépendant mais travaille depuis 2016 pour les collections de la ville de Liège. Formé à Saint-Luc, c’est un peu par hasard qu’il découvre ce métier. " En lisant le descriptif des cours, j’ai immédiatement su que c’était ça que je voulais faire. Le lendemain, je m’inscrivais à l’école ". Une véritable révélation tant l’esprit que les gestes enseignés " parlent " à l’artiste. "Nous avons l’immense chance d’avoir entre les mains des œuvres d’une grande importance. Il est très rare de pouvoir toucher des toiles d’un grand maître. Je fais partie de ces privilégiés. Alors, on se doit de rester humble et chaque geste doit être pratiqué avec modestie."

Des pratiques réversibles

Lorsqu’il pose son pinceau sur une toile ancienne pour combler une lacune ou retoucher celle-ci, Christophe sait en effet que son geste est celui du restaurateur, pas celui du peintre.

Ce que l’on fait sur une œuvre doit rester minimaliste. En restauration moderne, chaque intervention se doit d’être réversible. Mon travail devra pouvoir être enlevé à tout moment. Les générations suivantes devront pouvoir comprendre qu’il y a eu une retouche, que la toile a été restaurée.

En posant son regard sur des tableaux restaurés, le visage de Christophe Remacle s’illumine. " Je suis heureux que vous ayez vu la différence avec d’autres pièces à restaurer " nous glisse-t-il. " Il y a, me semble-t-il, une plus grande sensibilisation à nos métiers, à nos gestes. Mais aussi à la préservation de ce patrimoine. ". Et de conclure : " C’est un bonheur de se dire qu’on participe à la sauvegarde de ce bien commun".