Portrait de l'artiste Ugo Dehaes, exposé au Pavillon à Namur: "J'aime faire danser des robots"

Il fait partie des artistes exposés depuis quelques mois au "Pavillon" à Namur, le nouveau centre d'exposition dédié aux arts et artistes numériques. Ugo Dehaes a pourtant une formation bien éloignée de l'univers du codage et des écrans… Portrait en mouvement.

C'est un homme concentré sur son ordinateur qui nous accueille dans le hall du Pavillon. "Je tente de mieux faire danser mes robots… ils déconnent là" s'exclame-t-il. Face à lui, trois "bras mécaniques" s'agitent en effet sur de la musique d'Angèle. Une chorégraphie que ces robots ont du apprendre en quelques séances de travail. "C'est ma fille de 6 ans qui a imaginé cette danse" explique-t-il.

Je lui ai mis la musique dans la pièce et elle a commencé à faire bouger tous ces robots. Moi, je repasse derrière pour affiner les mouvements.

Chorégraphe et danseur de formation, Ugo Dehaes s'est lancé dans les arts numériques et dans la création de robots depuis quelques années maintenant.

C'est fascinant car avec ces robots, je peux réellement raconter des histoires dans un spectacle ou un musée. Je peux aussi susciter la réflexion par rapport à l'intelligence artificielle et l'utilisation de cette technologie pour l'avenir. Mais lorsque j'anime des ateliers pour enfants, ils ne pensent pas à cela. C'est avant tout un jeu d'animer ces créatures.

A quelques mètres de là, une dizaine de bocaux renferment d'autres inventions d'Ugo Dehaes, plongées dans un liquide transparent. "Pour moi, j'imagine une sorte de musée d'anatomie pour ces robots. Un peu comme quand on découvre des membres ou des objets conservés dans du formol. Je créée leur propre lieu de conservation en quelque sorte" annonce-t-il dans un grand éclat de rire. Un rire qui visiblement suscite la curiosité des robots danseurs dont les caméras scrutent nos moindres mouvements et qui ne lâcheront plus du "regard" son concepteur… "On a l'impression d'être surveillé hein… c'est voulu… j'aime bien cette sensation et voir ce que cela donne sur le grand public" nous livre-t-il en guise de conclusion.