Musée de la Rubanerie : « Du ruban mondialement connu, aujourd’hui encore » …

Il fallait bien un musée pour mettre à l'honneur plus de 800 ans de production de rubans à Comines-Warneton. L'ancienne "capitale mondiale" de ce petit bout textile est aujourd'hui toujours active dans la production de pièces, aux débouchés plus qu'étonnants.

En créant le Musée de la Rubanerie en 1985, Simon Vanhée, ancien artisan du textile, n'a qu'une idée en tête : préserver les métiers à tisser qui partaient à la casse, et permettre au public de prendre conscience de l'importance mondiale de ce savoir-faire unique. "L'histoire du ruban nait au 13è siècle" nous explique Yves Leterme qui nous sert de guide. 

Mais c'est une décision de Charles V, interdisant la production de grandes pièces textiles dans la région, qui poussera les artisans à se tourner vers l'art du ruban au 14è siècle. Un art unique qui se développera sans cesse, en affinant toujours la technique de l'entrecroisement de deux types de fils.

Dans les salles du musée, plusieurs métiers à tisser rappellent les grandes années de production dans la région et permettent surtout de mettre à l'honneur le savoir-faire des artisans qui les utilisaient quotidiennement. "Comines-Warneton fut réellement la capitale mondiale du ruban entre 1880 et 1914" souligne Olivier Clynckemaillie, le Directeur du musée.

A cette époque, le Nord de la France est spécialisé dans la production de fils exceptionnels. Nous étions voisins et pouvions donc produire et exporter plus de 80 % du ruban utilitaire à travers le monde. La main d'œuvre était hyper spécialisée également.

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Cédric Wautier et son guide entourés des métiers à tisser du Musée. © "N’oubliez pas le guide" – RTBF

Une technique en plein développement

Aujourd'hui, beaucoup de ces usines ont bien entendu disparu ou ont été délocalisées. Mais la production reste toujours importante, pour des secteurs de niche "ou de la vie quotidienne" sourit Yves.

Vos lacets de chaussure par exemple, sont produits ici. Tout comme l'élastique de votre slip ou la ceinture de sécurité de votre voiture.

En misant sur la recherche et le développement de nouveaux débouchés, quelques industriels ont en effet réussi à maintenir et redéployer un secteur en devenir. "Quelques grands noms de la mode ne jurent que par les rubans de Comines" insiste le Directeur du musée.

Mais d'autres secteurs plus surprenants permettent à la région d'engager du personnel. C'est ici que l'on produit l'amarre et les élastiques d'appontage du porte-avions Charles De Gaulle par exemple. Et c'est du ruban ! 

Autre débouché dans le secteur militaire, des sangles invisibles aux rayons infra rouges, utilisées par les armées pour des manœuvres de nuit. Ou encore, dans le domaine médical, des filets permettant de résorber les hernies inguinales.

Ils ont été développés et produits ici. Même les fameuses capsules de café utilisent du ruban micro perforé pour doser précisément la pression. Et on parle aujourd’hui de veines artificielles en fibre de carbone… Elles aussi sont fabriquées ici.

"Un de nos objectifs est que le public se rende compte de tout cela et reparte avec une autre image de cette invention née il y a huit siècles" conclut Olivier Clynckemaillie.

Informations pratiques

Musée de la Rubanerie Cominoise

Ouvert du mardi au vendredi de 8h30 à 12h et de 13h30 à 16h30

le samedi, de 15h à 16h30

le dimanche de 10h30 à 12h