Musée d’histoire naturelle de Tournai : une histoire ancienne mais des préoccupations d’aujourd’hui

C’est le plus ancien musée de Belgique qui ouvre ses portes aux équipes de "N’oubliez pas le guide". Fondé par des passionnés, il perpétue la tradition de mise en valeur de la faune, mais se veut aussi acteur de la protection d’espèces menacées.

Il se dégage une atmosphère gentiment datée lorsque l’on découvre pour la première fois la galerie des animaux du musée tournaisien. Normal, l’institution fut créée en 1828, sous période hollandaise, par des amateurs de sciences, convaincus de l’intérêt de collections zoologiques. Un homme revient sur toutes les lèvres : Barthélémy Dumortier, grand collectionneur d’animaux venus du monde entier et artisan de l’ouverture de ces galeries au grand public. "C’est vraiment lui qui a réussi à motiver un ensemble de scientifiques et d’institutions à faire de ce lieu un musée de référence", indique Laurence Portois qui nous sert de guide.

Face à nous, des lions, zèbres, une girafe, mais aussi une collection impressionnante d’oiseaux, d’amphibiens ou de reptiles. En près de 140 ans, plus de 17.000 animaux naturalisés ont rejoint les collections et réserves, malgré la destruction d’une partie de celles-ci durant la guerre.

Il y a de belles histoires dans ce musée, comme celle de Miss Jake, premier éléphant à poser le pied sur le sol belge en 1939. Cette femelle a fait le tour du monde car c’était une vedette de spectacle.

Ce n’est pas là la seule pièce exceptionnelle. Aux étages, dans les réserves précieuses du musée, des milliers d’oiseaux, mammifères ou autres espèces sont aujourd’hui préservés et chouchoutés.

Il y a par exemple le fameux loup de Tasmanie disparu en 1936. Il s’agit d’un marsupial. Il a donc une poche sur le ventre pour porter son bébé, comme le kangourou ou le koala.

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Un loup de Tasmanie naturalisé, une pièce exceptionnelle de la collection du Musée d’Histoire Naturelle de Tournai. © "N’oubliez pas le guide" – RTBF

Des préoccupations d’aujourd’hui pour préserver demain

Laurence nous emmène ensuite dans le vivarium, annexe au musée. Car la sauvegarde d’espèces menacées ou en déclin fait partie des missions de l’institution.

Nous sommes par exemple coordinateur européen d’un programme de sauvegarde du boa de Jamaïque menacé par la déforestation.

Plusieurs espèces sont ainsi gardées en captivité pour la reproduction, en collaboration avec d’autres zoos et musées du monde entier.

"Il faut absolument éviter la consanguinité, d’où ces collaborations. On se doit de sauvegarder une diversité génétique" conclut-elle avant d’ajouter, un sourire aux lèvres :

Nous sommes également très fiers de voir nos tortues araignées de Madagascar se reproduire dans de bonnes conditions.

Informations pratiques

Musée d’Histoire Naturelle et Vivarium – Tournai

Ouvert de 9h30 à 12h30 et de 13h30 à 17h30.

Fermeture le mardi.

Réservation obligatoire.