Le Mufim à Tournai : Lorsque le folklore titille l’imaginaire

Comment toucher le public et laisser place à l'imaginaire tout en exposant des objets du quotidien, c'est l'une des missions de l'équipe du Mufim. Une institution qui tente de mettre en avant le patrimoine d'une région : la Wallonie Picarde.

C'est un musée en plein chantier qui nous accueille malgré les échafaudages, les câbles électriques au sol et les échafaudages poussiéreux. D'ici quelques semaines, le Musée de Folklore et des Imaginaires devrait enfin rouvrir ses portes après de longs mois de fermeture. Jacky Legge, son directeur, sourit en nous accueillant. "Ce musée vit par les gens et pour les gens" souligne-t-il.

L'équipe abat un travail formidable pour finir les travaux car l'attente du public est énorme !

Dans les vitrines des objets de folklore, de culte, des témoignages du quotidien d'une région de tradition populaire. Porcelaine, bouquets de mariés, instruments de musique, cadres renfermant les cheveux d'un défunt ou éléments de brasserie locale ne sont ici que quelques exemples de ce qui peut susciter la curiosité dans le musée.

Nous avons bien entendu une approche ethnologique. Mais pour concerner les gens, pour toucher le public, il faut laisser une place à l'imaginaire. Aux histoires racontées par tous ces objets dont ont peut percevoir la trace d'un usage.

Ici, pas de parcours fléché, pas de scénographie trop élitiste ou sérieuse. Mais une joyeux "bordel organisé" pour susciter la curiosité et l'envie d'en savoir plus. Pour Jacky Legge, un musée doit vivre par les gens et pour les gens.

Je crois beaucoup à la juxtaposition d'objets provenant de traditions ou d'époques différentes. L'œil perçoit très rapidement les liens qu'il peut tisser entre ces pièces. C'est un bonheur d'arpenter tous les jours ces différentes salles et de voir les réactions des gens face à tel ou tel objet, à tel ou tel souvenir.

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Une partie des collections du Mufim. © "N’oubliez pas le guide" – RTBF

La frite à l’honneur

Parmi tous les objets exposés, une charrette à bras suscite encore et toujours la fierté de l'équipe. "Il s'agit du plus ancien fritkot de Belgique" s'exclame Marie-Line Masquelier, guide au Musée.

Elle a appartenu à Monsieur Spinette qui, tous les jours préparait des frites au pied du Beffroi, dans de la graisse de cheval aromatisée aux oignons.

Le fritkot rejoindra les salles du musée dans les années 30, tout comme des centaines d'objets provenant de dons. "En 2020, plus de 160 familles ou particuliers ont fait des dons au musée"  ajoute son directeur.

Cette institution vit par les gens. C'est un bonheur de faire partie de ce projet et de cette équipe ! 

Informations pratiques

Mufim – Tournai

Le musée devrait rouvrir ses portes au public fin juin.