Le carillonneur de Tournai - portrait

Lorsqu’il gravit l’escalier du beffroi de Tournai, Francois Clement n’est même pas essoufflé. Il faut dire que les 227 marches qui mènent à la chambre de concert, il les connaît par cœur. Tout petit déjà, il accompagnait son grand-père dans la tour pour l’écouter jouer.

Et lorsqu’un ami lui propose de poursuivre la tradition familiale, François n’hésite pas longtemps et s’inscrit à son cours à l’académie d’Ath. "Bon, j’avais un peu de pression. Dès que je sortais d’une séance d’exercice au beffroi, je savais que mon grand-père qui sirotait une bière sur le Grand-Place allait revenir sur toutes mes erreurs… et ne rien laisser passer… " confie-t-il en souriant.

Si le carillon fait partie du paysage sonore de nos villes, c’est à un Américain, le célèbre John Rockefeller, que l’on doit le financement de la première école de carillon de Belgique, celle de Malines. L’homme ouvrira plus tard une classe à l’Université de New-York.

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Alors qu’il pose ses mains sur le clavier, François se retourne, ému. Des moments intenses, il en a vécu dans cette tour. Particulièrement lors du premier confinement. Chaque semaine, il jouera en effet pour le personnel de première ligne. "Les infirmières et pompiers m’envoyaient leurs choix musicaux par SMS. C’était magique !" conclut-il. L’homme se tait. Ses mains se mettent en action. Les 55 cloches du beffroi sonnent, sonnent…

Pour visiter le beffroi, la réservation est indispensable.