"Voir, entendre et se taire", de Juan José Martinez d'Aubuisson: quand on a que la mort pour langage

Juan José Martinez d'Aubuisson
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Juan José Martinez d'Aubuisson - © TDR

Juan José Martinez d’Aubuisson est anthropologue, il étudie le fonctionnement des gangs depuis plus de dix ans et s’est penché sur la vie des gangs du Salvador, son pays d’origine. Son ouvrage s’intitule "Voir, entendre, et se taire", un an avec la Mara Salvatrucha.

L’histoire nous invite dans un quartier du Salvador, où comme partout ailleurs dans le pays, il faut appartenir à un gang pour avoir le droit de vivre. En l'occurrence, le MS 13, ou le Barrio 18. C’est une protection, et une obligation si l’on veut survivre dans un monde qui ne connait que la violence, et dont la seule raison de vivre de ses membres, est l’affrontement. On tue tous les jours et sans raison, sans se connaitre, et pas parce qu’on se déteste, mais parce qu’il faut exister. Tuer pour ne pas être tué. Quand on est emprisonné, la violence continue à l’intérieur des murs, et les chefs de gangs continuent de diriger le monde, à l’intérieur comme à l’extérieur. Payer pour avoir une protection, c’est un système mafieux, et il n’existe aucun espoir d’y échapper.

pour lire un extrait

"Voir, entendre et se taire", (un an avec la Mara Salvatrucha), signé Juan José Martinez d’Aubuisson, chez Marabout - Pour certains, la vie n'est qu'un combat, chaque jour il faut traverser un champ de ruines, et il n'y aura pas d'alternative.

L'interview de Pierre Boisson 

Pierre Boisson est éditeur, il a rencontré l’auteur il y a quatre ans au Salvador.