"Le Chardonneret" de Donna Tartt, le plaisir de prendre le temps

Donna Tartt
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Donna Tartt - © by Beowulf Sheehan

Comme de coutume Donna Tartt a pris son temps pour ce troisième roman, né 20 ans après le célèbre "Maître des illusions". Et elle nous offre 800 pages de plaisir, pour un roman qui nous promène durant quinze années d'amitiés, d'amour, de rencontres et de peinture.

Carel Fabritius peint "Le Chardonneret" en 1654, avant de mourir la même année dans l'explosion de la poudrière de Delft, qui fit de nombreuses victimes. Il s'agit d'une huile sur panneau, de 33 cm sur 22, qui atteint la perfection par la luminosité du sujet, qui se détache du fond clair. Élève de Rembrandt, il a également inspiré Vermeer.

Quand Donna Tartt a découvert ce tableau elle n'a plus jamais cesser d'y penser dit-elle.

Et le tableau est devenu l'enjeu de ce roman, qui promène le lecteur à travers les États-Unis et l'Europe. Une épopée qui met en scène à tour de rôle, des personnages comme Boris ou Pippa, autour de Théo, qui a perdu sa mère dans l'explosion d'un musée à New York. Ce jour-là sa vie bascule et plus rien ne sera comme avant. Installé dans une riche famille, Théo sera finalement récupéré par son père et prendra la direction de Las Vegas. A 14 ans, livré à lui-même, au bord du désert, il fait la connaissance de Boris, côtoie la débrouille, la faim, la drogue et la mafia. Avant qu'une catastrophe le renvoie vers New York, le tableau secrètement caché dans un petit sac de voyage, à côté du chien familial, seul vestige de sa vie d'avant, avec son père...

Un roman initiatique, noir et lumineux à la fois, plein d'amour et de poésie. 800 pages que l'on referme avec regret.

Christine Pinchart

"Le Chardonneret" de Donna Tartt, Prix Pulitzer 2014, paru chez Plon.