François-Régis de Guenyveau, 28 ans, un premier roman après un parcours commercial

François-Régis de Guenyveau
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François-Régis de Guenyveau - © Albin Michel

Rencontre avec François-Régis de Guenyveau pour son premier roman : "Un dissident" chez Albin Michel. 

28 ans, une école de commerce et une vraie passion pour la littérature, François-Régis publie un premier roman, après l'écriture d'une comédie musicale, montée avec plusieurs amis aux Folies Bergères à Paris.

Une grande maison d'édition d'emblée, Albin Michel, ça s'est fait très vite ?

François-Régis de Guenyveau : Oui, ça s'est fait assez rapidement, je ne m'y attendais pas du tout, je travaillais au Vietnam, et je me suis arrêté de travailler pendant sept mois pour réaliser ce projet d'écriture. En rentrant en France, je l'ai envoyé à Albin Michel et au bout de trois jours ils m'ont recontacté. 

C'est un roman étonnant, quand on lit la quatrième de couverture, elle annonce un roman d'anticipation, et ce n'est pas le cas pendant la moitié du livre ?

Absolument, le début du roman se déroule dans les années 80, et ça n'a rien à voir. Parce que pour moi c'était important de revenir aux sources du personnage, Christian, et de voir son évolution. C'est un peu la métaphore de l'évolution du monde. Il est né dans ce petit village de Provence très isolé, où rien ne se passe, et il n'y a pas encore toutes ces nouvelles technologies. Progressivement il sera le témoin d'un monde en bouleversement, mais aussi l'un des acteurs de ce monde là, puisqu'il va prendre part aux progrès de la science. C'était important pour moi de comprendre l'évolution de ce monde, où la fiction dépasse la réalité. 

Petit à petit, on comprend à quoi rêve Christian ?

C'est effectivement un personnage qui a une sorte de destin à suivre. Dès le début du roman, il croit être destiné à prendre part à l'histoire, et progressivement il va être dépassé. C'est un produit scientifique qui essaie de tout expliquer par la science, il décortique le monde qu'il observe par des équations mathématiques, mais progressivement, il va comprendre que la science ne fait pas tout. C'est à ce moment là que les choses vont lui échapper, et c'est la raison pour laquelle le livre s'appelle "Un dissident." Progressivement, cette trajectoire qu'il croyait bien définie, va un peu dévier, et une sorte de nouveau destin va le happer.

Alors arrive Stan, qui est un personnage lui, plus énigmatique ?

Stan est à la fois l'oncle et le parrain de Christian, personne énigmatique, charismatique, un homme d'affaires très séduisant, dont Christian ne sait qu'une seule chose de lui, c'est qu'il travaille pour le bien de l'humanité. C'est en tout cas ce que sa mère lui dit. Il va avoir envie d'en savoir plus, d'aller à l'étranger et c'est là qu'il va découvrir ce qu'est "le bien de l'humanité".

Il aura par la suite des intuitions, qui vont lui échapper à certains moments, parce qu'il essaie d'avoir le contrôle sur tout, et il va être un peu dépassé. D'abord par la musique, et cette musique va me permettre de montrer que Christian, sous son masque de prodige scientifique a une grande sensibilité. Il comprend que la science n'est pas tout, et qu'il y a une sorte de souffle ou de mystère qui résiste un peu à ses démonstrations. Il va comprendre que la science est belle, nécessaire, mais qu'elle doit parfois laisser place au mystère et à la croyance. C'est ça l'histoire de Christian, ce personnage qui va comprendre qu'il y a des limites aux progrès humains.

Pour lire un extrait du livre 

"Un dissident", premier roman de François-Régis de Guenyveau, chez Albin Michel.

Une belle découverte, à lire comme un roman d'aventure, avec une pointe de suspense et beaucoup d'humanité. Sortie le 24 août.