"Entre mes mains le bonheur se faufile", deuxième roman d'Agnès Martin-Lugand

Agnès Martin-Lugand
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Agnès Martin-Lugand - © Michel lafon

Agnès Martin-Lugand est née en Bretagne et publie son premier roman en 2013 : "Les gens heureux lisent et boivent du café", bientôt adapté au cinéma. Psychologue de formation, elle se consacre désormais entièrement à l'écriture.

Rencontre avec Agnès Martin-Lugand

 

Deux romans et deux titres poétiques, vous attachez beaucoup d'importance au titre d'un livre ?

J'aime que le titre raconte déjà une histoire. Construire une phrase qui peut déjà avoir un double sens. Se faufiler c'est s'échapper, mais aussi construire, bâtir en couture, donc ça peut illustrer ce qui sera raconté dans le roman. C'est ce qui m'intéresse dans les titres longs.

 

Le bonheur s'est faufilé entre les mains d'Iris au début de sa vie d'adulte. C'est l'histoire d'une blessure, d'une trahison, envers quelqu'un qui a été dépossédé de ses choix ?

Oui exactement et elle va reprendre sa vie en main. Une vie professionnelle que ses parents lui ont volée, et elle se trouve à un moment dans sa vie où elle est à la croisée des chemins. Elle décide de reprendre sa vie professionnelle en main, en essayant d'avoir le minimum de regrets possibles.

 

Vous avez vécu ou observé des situations semblables, où des proches s'octroient le droit de dire ce qui est bien pour vous ?

Je me suis posée la question dans l'autre sens, c'est-à-dire qu'à un moment on se demande tous si on a fait les bons choix ? Je suis partie de ce constat, et il y a des personnes pour qui les parents ou le conjoint décident du chemin à prendre. J'ai voulu secouer tout cela, et je pars du principe que pour prendre soin des autres, il faut d'abord prendre soin de soi. C'est ce que je voulais démontrer dans ce roman.

 

Iris va rencontrer Marthe, une vieille dame sublime et puissante. Elle vous a été inspirée par qui ?

La première chose qui m'intéressait chez Marthe, c'était de travailler la position du mentor. Quelqu'un qui peut faire du bien, mais aussi beaucoup de mal, et j'avais envie d'un personnage fascinant, qu'on aime et qu'on déteste, avec sa grande part de mystère. Cela permet de raconter comment Iris pouvait passer de la soumission à sa famille et à son mari, à celle de cette femme. Elle a pris beaucoup de place dans l'écriture, et c'était un des points centraux du roman, avec l'influence qu'elle pouvait avoir dans toute l'histoire.

"Entre mes mains le bonheur se faufile", d'Agnès Martin-Lugand, chez Michel Lafon. Un roman léger mais terriblement enchanteur, avec de beaux personnages, qu'on imagine déjà au cinéma. Et pourquoi pas Charlotte Rampling dans le rôle de Marthe, Arly Jover dans celui d'Iris et Xavier Beauvois en Gabriel ?

Christine Pinchart