Daniel Cohn-Bendit dans le taxi de Jérôme, ce dimanche 18 janvier à 22h45 sur la Deux

Daniel Cohn-Bendit dans le taxi de Jérôme
Daniel Cohn-Bendit dans le taxi de Jérôme - © RTBF

A l’aube d’une nouvelle vie de retraité qui n’en a que le nom, Daniel Cohn-Bendit s'offre une balade en taxi. L’occasion de revenir sur la sortie de son livre « L’humeur de Dany » paru chez Laffont, sur son parcours mais aussi sur les futurs projets de cet imprévisible animal politique.

 

Retrouvez l'intégralité de sa conversation avec Jérôme Colin

 

Né à Montauban en avril 45, Daniel Cohn-Bendit est le cadet et deuxième fils d’une famille juive allemande exilée en France dès l’arrivée d’Hitler au pouvoir en 1933, son père, avocat et militant de gauche, étant alors menacé d’arrestation. A la libération, ses parents qui caressent le projet de rejoindre les Etats-Unis ne déclarent pas sa naissance sur le sol français. Mais le départ n’a jamais lieu et Daniel sera apatride jusqu’à ce qu’il prenne la nationalité allemande à sa majorité.

Toute la vie de Daniel Cohn-Bendit sera marquée par une série d’aller-retour entre la France et l’Allemagne faisant de lui un européen de la première heure. Enfant, il quitte la terre de Voltaire pour Frankfort afin de suivre sa mère partie soigner son père atteint d’un cancer. Le jeune Daniel y sera scolarisé jusqu’au décès de cette dernière. Orphelin à 18 ans, il revient à Paris où réside son trotskiste de frère, Gabriel, qui l’introduit dans le cercle estudiantin libertaire. La suite, on la connaît. L’étudiant en sociologie de la Faculté de Nanterre devient Dany le rouge, le charismatique leader du mouvement révolutionnaire de mai 68, l’homme qui fait plier de Gaulle.

Expulsé et interdit de séjour en France jusqu’en 1978, il travaille comme éducateur dans une crèche autogérée de Frankfort puis à la librairie " Karl Marx " qui publie " Pflasterstrand ", en français, " Sous les pavés, la plage ", la revue gauchiste qu’il a fondée. C’est l’époque de la vie communautaire avec entre autres Joschka Fischer, futur ministre allemand des Affaires étrangères, qui contribua largement à sa formation idéologique, des parties de foot (sa passion indéfectible) et des grandes bouffes entre amis.

En 1984, Daniel Cohn-Bendit adhère au parti écolo allemand " Die Gründ ". En 1989, élu au conseil municipal de Frankfort, il est en charge des affaires multiculturelles et de l’immigration. Cinq ans plus tard, il fait son entrée au Parlement européen d’abord en tant que représentant des Verts allemands, puis comme tête de liste du parti écolo français en 99, pour ensuite y siéger à nouveau sous l’étiquette " Die Grünen " en 2004 et enfin en 2009, comme tête de liste d’Europe Ecologie en France. Partisan d’une Europe fédérale, il a également cofondé avec Guy Verhofstadt, l’intergroupe de recherche fédéraliste Spinelli.

Celui qui fut l’ambassadeur le plus charismatique de l’Europe a marié les idées réputées contradictoires en prônant à la fois une politique libérale et solidaire. Si son franc parlé a souvent embarrassé son groupe, Daniel Cohn-Bendit qui a toujours fait fit du politiquement correct, de la ligne du parti, des tabous et des interdits, n’en demeure pas moins un homme d’audace, de transparence et de conviction doté d’un instinct politique hors norme.

A 69 ans, Dany le vert a donc décroché de la vie politique mais ne disparaît pas du paysage médiatique pour autant. Lui qui avait déjà commenté des matchs de foot pour la radio allemande, animé une émission littéraire pour la télévision suisse et réalisé une série documentaire pour FR3, vient de tourner en juin dernier un road movie durant la coupe du monde au Brésil pour Arte. Il continue ses chroniques quotidiennes sur Europe 1 dont il a tiré un livre, " L’humeur de Dany ", paru récemment chez Robert Laffont et projette d’en écrire un autre sur l’identité juive. Autant dire, une retraite hyper active.

Nouvelle diffusion samedi 24 janvier 2015 sur La Deux à 18h55.

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