Les critiques d'Hugues Dayez : "War Dogs", une hallucinante histoire vraie

Le cinéma américain n’hésite jamais à explorer les travers de l’Amérique, s’il y a une bonne histoire à la clé ! Sur le commerce des armes, il y avait déjà eu le troublant "Lord of War" avec Nicolas Cage, voici que déboule sur nos écrans "War Dogs" de Todd Phillips.

L’action se déroule dans les années 2000, celles du règne de George Bush et de la guerre en Irak. Deux jeunes Juifs de Miami, David Packouz et Efraim Diveroli, découvrent sur un site internet les appels d’offre du gouvernement américain pour des armes et des équipements militaires. Si la plupart de ces commandes concernent des grosses compagnies d’armement, Diveroli découvre aussi des quantités d’armes à pourvoir plus modestes. "Ramassons les miettes, dit-il à son copain David, car ces miettes valent déjà un paquet de dollars !" A force de culot et de magouilles, les deux compères finiront par décrocher un contrat de 300 millions de dollars avec le Pentagone…

Cette aventure "hénaurme" et improbable, Todd Phillips a choisi de la raconter sur le mode de la comédie caustique, façon "Les Pieds Nickelés s’en vont en guerre". Sa mise en scène dynamique met en valeur l’immense talent de ses deux jeunes acteurs principaux : Miles Teller (révélé par " Whiplash ") et Jonah Hill. Ce dernier, déjà mémorable dans "Le stratège" face à Brad Pitt et dans "Le loup de Wall Street" aux côtés de Leonardo Di Caprio, monte ici en puissance et fait preuve d’un abattage impressionnant dans le rôle de Diveroli, magouilleur que rien ne semble arrêter. "War Dogs", c’est du cinéma américain dans ce qu’il a de plus efficace : sous les dehors d’une comédie, le film en dit long sur les dérives du commerce de la guerre.

Moka

A Lausanne, Diane (Emmanuelle Devos) est inconsolable depuis que son jeune fils est mort renversé par une voiture, et elle n’a plus qu’une idée en tête : retrouver le conducteur ou la conductrice de cette maudite voiture beige "moka"… Elle croit la retrouver en la personne de Marlène (Nathalie Baye), esthéticienne qui vit de l’autre côté du Lac Léman, à Evian. Commence alors une étrange relation entre les deux femmes.

Si Devos et Baye ne déméritent pas dans leur premier face-à-face à l’écran, le réalisateur Frédéric Mermoud (adaptant librement un roman de Tatiana de Rosnay) se contente d’un scénario qui privilégie les atmosphères plutôt qu’une intrigue solidement charpentée. Résultat, le film se traîne un peu mollement vers son dénouement final. Sur le même thème, Claude Chabrol avait réalisé un de ses films les plus puissants : "Que la bête meure" avec un inoubliable Jean Yanne. Mieux vaut revoir cette merveille que se déplacer pour "Moka".

Kiki love to love

A Madrid, cinq couples en crise. Dans chacun d’entre eux, il y a des fantasmes inavoués ou inavouables, et les partenaires s’interrogent : faut-il assouvir ces fantasmes pour ranimer la flamme dans le couple ?

On se souvient du délicieux "Love actually" de Richard Curtis, film choral où des Londoniens cherchaient l’amour à la veille de Noël. Paco Leon signe avec "Kiki" une sorte de "Sex actually", une comédie à multiples personnages sur le désir. C’est souvent drôle sans être (trop) vulgaire, c’est sexy sans être lourd. Ce n’est certes pas inoubliable, mais c’est un divertissement d’été tout à fait fréquentable.